‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 15 sur 137 · LIVRE l*'. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE l*'. — CHAPITRE IV

cette assemblée où l'on disposa publiquement de son royaume.

A la nouvelle de ce sanglant affront, le jeune roi s*indigne ; toute la Lombardie s'émeut et entoure son monarque : Rataldo^ évèque de Yérone ; Supporte, comte de Brescia ; Anselmo , archevêque de Milan y d'autres prélats et grands seigneurs , la plupart d'Italie, exaltent son irritation ; il rassemble ses troupes et proclame l'indépendance de sa royauté * .

L'empereur, à la tête d'une nombreuse armée, marche aussitôt vers l'Italie ; Bernard, déconcerté à l'approche d'une force aussi redoutable, et affaibli par des désertions multipliées, dépose le glaive sans combattre ; l'infortuné jeune homme se remet à la miséricorde de son oncle.

Le roi de Lombardie et ses principaux adhérents, jetés dans des cachots, sont livrés à des juges qui, après une longue procédure, condamnent le jeune monarque à perdre la vue. On exécuta l'affreuse sentence avec une cruauté calculée, qui entraîna la mort du malheureux petit-fils de Gharlemagne peu de jours après son supplice.

Les partisans du jeune prince, appartenant au haut clergé, furent dépossédés de leurs sièges, de leurs seigneuries, et subirent en outre le ch&timent de l'exil.

Les laïques, impliqués dans le procès, furent condamnés à mort. Louis se contenta de leur faire subir, mais avec moins de rigueur, le supplice inOigé à leur roi.

Andréa raconte autrement le malheur dont le fils de Pépin fut victime : cet historien ne fait mention ni de l'outrage reçu & la diète d'Aquisgrana ni de la révolte du roi de Lombardie.

D'après Andréa, Hermengarde, feignant de vouloir se réconcilier avec Bernard dont elle s'était hautement proclamée l'ennemie, l'aurait fait solliciter de se rendre à sa cour. Le jeune roi, trompé par les fallacieuses protestations des émissaires d'Hermengarde, serait accouru en France, heureux de voir enfin approcher le terme d'odieuses

umps de rhistorien Tristan Calchas, daté du mois d'octobre 817, iixième année du règne de Bernard.

GiuliDi a va et examiné cet écrit, qu'il prouYe être authentique. D'après ce judicieux auteur, la mort de Bernard n'aurait donc pas précédé la diète tenue à Aquisgrana. Nos annales françaises s'accordent généralement à faire dater la diète de l'année 817, et la mort de Bernard de 818. Nous avons adopté cette double date.

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persécutions. L'irapératrice, à rinsuderemperear, aurait fait saisir et jeter dans les cachots le crédule fib de Pépin» lui aurait Tait crever les yeux dans sa prison, et le malheureux prince serait oiort peu de jours après cet affreux supplice.

Les historiens d'Italie se montrent assez portés à adopter cette ver* sion. De là cette incertitude» chez eux, sur l'époque de la mort de Bernard, puisqu'elle n'aurait plus eu pour cauae la révolte qui suivit la diète d'Aquisgrana. Giulini, sans s'expliquer sur celui des deux récits qui lui paraîtrait le plus vraisemblable, dit que les historiens français, en ne faisant aucune mention du crime d'Hermengarde, rapporté par Thistorien Andréa, ont voulu peut-être épargner la mémoire d'une de leurs reines.

« De même» continue Giulini^ on doit peu s'étonner que l'Italien M Andréa ait omis dans son récit ce qui est relatif à la rébellion de » Bernard, roi d'Italie, et de ses partisans, pour la plupart Italiens. »

U faudrait peut-être ajouter aussi, pour mieux s'expliquer le silence d'Andréa sur cette imprudente prise d'armes, que cet historien était prêtre ; or, nous avons vu que Bernard comptait parmi ses |dus zélés partisans plusieurs membres du haut clergé.

Nous adoptons , sans hésiter , la version reproduite par les écrivains français, version qui s'appuie sur des faits publics, un jugement, une longue procédure, des supplices, des exils, puis des recours en grftce, ce qui établirait au moins la présomption d'une faute grave commise par Bernard et ses adhérents, ou, disons mieux, de quelque acte de leur part, attentatoire aux droits plus ou moins contestables que s'arrogeait, sur la Lombardie, le successeur de Charlemagne« D'ailleurs, comment concilier le supplice de Bernard, victime par les ordres d'Hermengarde à l'insu de Louis, avec cette amende hono-* rable et les remords publics dont nous allons bientêt voir ce fiiiUe monarque donner le triste spectacle en expiation de la mort de son royal neveu?

Quant au motif attribué aux historiens français par Giulini, fondé sur les ménagements dont ils auraient cru devoir user envers une reine de France, nous nous permettrons de dire qu'une telle supposition nous parait par trop futile pour un aussi grave esprit.

Quel besoin, en effet, d'altérer la véracité de l'histoire, pour un crime de plus ou de moins à décrire dans ces temps reculés si féconds en forfaits de tous genres?

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