LIVRE n. — CHAPITRE IV
0 Saint Charles les rétablit, et, pour conserver les libertés de son » Eglise, il les plaça huit jours plus tard que dans l'église romaine. » Cette cérémonie pirase commence par la distribution des cendres, a qui ne se fait point dans cette église le premier jour du carême, » comme dans réglise romaine * . »
Costume. — Les membres du clergé étaient rigoureusement tenus de porter l'habit ecclésiastique, même hors des églises. Giulini dit que les comtes qui rencontraient des prêtres en habit séculier, étaient autorisés à les traiter comme les laïques libres, que Ton appelait ejcerctiaUs, par l'obligation où ils étaient de prendre les armes et de servir dans l'armée quand Tordre leur en était donné.
L'habit des ecclésiastiques, de ces temps-là, consistait en une tunique blanche appelée alba, qu'ils portaient dans les églises et au dehors.
D'après Giulini , c'était le costume qu'avaient conservé de son temps les chanoines d'Italie, qui le portent probablement encore.
Les ecclésiastiques qui n'étaient point dignitaires, se rasaient la tète, et ne conservaient qu'une espèce de couronne de cheveux courts, comme les capucins de nos jours. Ils ne portaient pas de barbe.
Les évêques avaient les cheveux courts et retournés autour de la (ôte> comme un bourrelet, avec une tousure. C'est ainsi que se coif* faient nos prêtres il y a peu d'années encore.
Bien que Pnricelli, dans une description minutieuse de ce qui fut trouvé dans la tombe où l'archevêque Anselme et le roi Bernard avaient été inhumés l'un près de l'autre, parle d'une mitre ornant le front du prélat, Giulini croit et établit que les évêques au ix* siècle ne portaient pas de mitre, mais un béret de forme conique : ils se serraient de la crosse comme les évêques de nos jours , et avaient i peu près le même costume pour les grandes solennités ponti- Gcales.
terre qui, entre autres dommages, fit écrouler presque toute la toiture de la basUique de Saint-Paul, le pape Léon institua, à Rome, les Rogations pour les trois jours qui précèdent lafôte de V Ascension.
Il paraît que cette cérémonie existait en France depuis le t« siècle. Gîulini en fait remonter l'établissement aussi à cette époque pour Milan. Ce qui ferait penser qu'elle fut fondée par saint Ambroise,
' Le même écrivain (l'abbé Richard) fait observer, dans une note, que l'usage, à Milao, n*est point de sonner les cloches à grandes volées comme ailleurs, qu'elles soDtsuspendues de façon qu'on ne peut que les tinter. C'est encore sans doute, ajoute-t-il, une des singularités du rit amhroisien, (Tome I«% JIftIon., g 16, note a.)
161 PRBHIÈRE ÉPOQUE.
la péninsule. Si l'Italie était moins avancée dans cet art que rAlIe* magne, la France l'était moins encore que l'Italie*
Les églises de France avaient des chantres que Ton appelait chantres gaulois ; les Romains avaient voulu introduire dans les Gaules le chdint grégorien j musique attribuée à Grégoire le Grand , et qui, simple et grave, avait un cachet de dignité religieuse ; mais les chantres gaulois n'ayant pas l'usage des anciennes notes alphabétiques, avaient corrompu ce chant en voulant l'embellir. Gharlemagne, au retour d'un de ses voyages en Italie , exigea que ces chantres revinssent à laméthode de leurs maîtres. 11 obtint du pape Adrien des livres de cbant notés ; deux musiciens italiens furent établis pour enseigner la note alphabétique, l'un à Metz^ l'autre à Soissons *.
Le chant de l'église milanaise qui suivait le rite ambroisien, différait de celui de l'église romaine. Le chant romain est plus doux, '^ds grave ; l'ambroisien, qui se conserve encore à MBàn, est plus fort et plus aigu '.
Nous avons eu l'occasion de mentionner l'engagement qu'avait pris Gharlemagne de ne permettre que le rite romain dans sës'Étkts, et la résistance qu'il rencontra en Lombardie où le rite ambroisien était en usage. ^ . ., .
Voici ce que l'abbé Richard dit au sujet de ce dernier rite : «Le » fond de la liturgie, selon le rite ambroisien ^ est le même que » celui de l'office romain ; mais la distribution des psaumes pour » les parties de l'office, les prières et les cérémonies dans le sacrifice » de la messe, y sont différentes. C'est encore suivant le rite am- » broisien, que le carême ne commence à Milan que le dimanche » de la Quadragésime, les quatre jours qui le précèdent n'ayant été » ajoutés pour compléter les quarante, que dans le vu" siècle : Usage » qui attire une multitude d'étrangers à Milan, où les théfttres ne » sont fermés et les plaisirs du carnaval ne cessent qile le samedi » au soir. « .. • .
» Il en est de même, ajoute l'abbé Richard, de l'abstinence 6t des y> processions des Rogations^ ou qui n'avaient jamais été obsenées D dans rËglise, ou qui n'y étaient plus en usage ^.
. ' Voltaire, Bist, génér,, ch.l5.
^ Description hUtarique et critique de l'Italie, par Tabbé Ricdard, tome I'% J^ilanais, S i6.
" Ou sait que, par suite des désastres occasionnéSi en W^, pat le tremblement de