‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 33 sur 137 · LIVRE n. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE n. — CHAPITRE IV

» Saint Charles les rétablit, et, pour conserver les libertés de son » Église, il les plaça huit jours plus tard que dans Féglise romaine* » Cette cérémonie pieuse commence par la distribution des cendres, a qui ne se fait point dans cette église le premier jour du carême, B comme dans Féglise romaine * . »

Costume. — Les membres du clergé étaient rigoureusement tenus de porter l'habit ecclésiastique, même hors des églises. Giulini dit que les comtes qui rencontraient des prêtres en habit séculier, étaient autorisés à les traiter comme les laïques libres, que Ton appelait exercitaUs, par l'obligation où ils étaient de prendre les armes et de servir dans l'armée quand Tordre leur en était donné.

L'habit des ecclésiastiques, de ces temps-là, consistait en une tunique blanche appelée alba, qu'ils portaient dans les églises et au dehors.

D'après Giulini , c'était le costume qu'avaient conservé de son temps les chanoines d'Italie, qui le portent probablement encore.

Les ecclésiastiques qui n'étaient point dignitaires, se rasaient la tête, et ne conservaient qu'une espèce de couronne de cheveux courts, comme les capucins de nos jours. Us ne portaient pas de barbe.

Les évèqaes avaient les cheveux courts et retournés autour de la tête, comme un bourrelet, avec une tonsure. C'est ainsi que se coiffaient nos prêtres il y a peu d'années encore.

Bien que Puricelli, dans une description minutieuse de ce qui fut trouvé dans la tombe où l'archevêque Anselme et le roi Bernard avaient été inhumés l'un près de l'autre, parle d'une mitre ornant le front du prélat, Giulini croit et établit que les évêques au ix* siècle ne portaient pas de mitre, mais un béret de forme conique : ils se senaient de la crosse comme les évêques de nos jours , et avaient à peu près le même costume pour les grandes solennités pontificales.

Urre qui, entre autres dommages, fit écrouler presque toute la toilure de la basUique de Saint-Paul, le pape Léon institua, à Rome, les Rogations pour les trois jours qui précèdent la fête de V Ascension,

Il parait que cette cérémonie existait en France depuis le y^ siècle. Giulini en fait remonter l'établissement aussi k celte époque pour Milan. Ce qui ferait penser qu'elle fut fondée par saint Amhroise,

' Le même écrivain (l'abbé Richard) fait observer, dans une note, que l'usage, à Uiiao, n'est point de sonner les cloches à grandes volées comme ailleurs, qu'elles sont suspendues de façon qu'on ne peut que les tinter. C'est encore sans doute, ajouie-t-il, une des singularités du rit amhroisien. (Tome I*% JIftIan., g 16, note a.)

164 PRBHIËRE ÉPOQUE.

la péninsule. Si l'Italie était moins avancée dans cet art que TAIIemagne, la France Tétait moins encore que l'Italie.

Les églises de France avaient des chantres que l'on appelait chantres gaulois ; les Romains avaient voulu introduire dans les Gaules le cht}ni grégorien ^ musique attribuée à Grégoire le Grand» et qui, simple et grave, avait un cachet de dignité religieuse ; mais les chantres gaulois n'ayant pas l'usage des anciennes notes alphabétiques, avaient corrompu ce chant en voulant l'embellir. Gharlemagne, au retour d'un de ses voyages en Italie , exigea que ces chantres revinssent à lamé* thode de leurs maîtres. Il obtint du pape Adrien des livres de chant notés ; deux musiciens italiens furent établis pour enseigner la note alphabétique, l'un à Metz^ l'autre à Soissons * .

Le chant de l'église milanaise qui suivait le rite ambroisien, diffë* rait de celui de Téglise romaine. Le chant romain est plus doiix, '^dii grave ; l'ambroisien, qui se conserve encore à MBan, est plus fort et plus aigu *.

Nous avons eu l'occasion de mentionner l'engagement qu'avait pris Charlemagne de ne permettre que le rite romain dans sës'lËtkts, et la résistance qu'il rencontra en Lombardie où le rite ambroisien était en usage. ^ * '

Voici ce que Tabbé Richard dit au sujet de ce dernier rite : «Le x) fond de la liturgie, selon le rite ambroisien ^ est le même que )> celui de l'office romain ; mais la distribution des psaumes pour » les parties de Toffice, les prières et les cérémonies dans le sacrifice » de la messe, y sont différentes. C'est encore suivant le rite am- » broisien, que le carême ne commence à Milan que le dimanche » de la Quadragésime, les quatre jours qui le précèdent n'ayant été » ajoutés pour compléter les quarante, que dans le vu" siècle : usage » qui attire une multitude d'étrangers à Milan, où les théfttres ne » sont fermés et les plaisirs du carnaval ne cessent que le samedi » au soir. $ . .. > • .

» Il en est de même, ajoute l'abbé Richard, de l'abstinence et des i> processions des Rogations^ ou qui n'avaient jamais été observées i> dans rÈglise, ou qui n'y étaient plus en usage ^.

. ' Voltaire, Bist, génér,, ch.l5.

2 Description historique et critique de l'Ualief par Tabbé Ricqard, tome V% J^ilanais, g 16.

* Ou sait que, par suite des désastres occasionnés, en W^, par le tremblement de-

Page 1