CHAPITRE PREMIER
Rapproehements historiques. — Charles !«'. — Louis XXl, — 830. — 18d0. — Fautes de Louis le Débonnaire. ^ Sujets de plainte de Lotbaire contre l'empereur. «^ Prcmiefs ferments de sédition. ^ Le comte Bernard. •— La révolte éclate. — On dépose l'empereur. — Judith est forcée à praidre le Yoile. — Lothaire fait regretter l'empereur déchu. — Le moine Gondebaud. — Scèna de Nimègue. -«- Louis ressai^t Tautorité. — Nouyelle prise d'armes. Le pape Grégoire dans les deui camps. — Défection dans les troupes impériales. «^ Seconde déposition de Louis. ^ Partage de l'empire entre ses «ifants. — Repentir de Walla.
c L'hMoire, écriTaiten 1820 M. de Chateaubriand S a tait, dan» tous les sièdes, de tristes rapprochements qui ne prourent rien, sîn<m la resBemblance des adTersités parmi les hommes.
» Lorsque Henri TV fut assasrïné , on fit d'étranges oalctfls sur le nombre 14.
a On ol)servat entre autres , qu'il était né le 14 décembre ; qu'il avait gagné la bataille d'ivry le 14 mars
» Qu'il avait été tué le 14 mai ; que RaTaillac avait été exécuté 14 jours après la mort du roi
B Monseigneur le duc de Berry, dernier prince des Bourt>ons, dans » la ligne directe, » ajoute le grand écrivain , « fut tué d'un coup » de couteau comme le premier roi Bourbon. Il expira le 14 fé- )» vrier 1820, comme son aïeul le 14 mai 1610. Il était rentré en
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» France le 13 avril 1814 ; le poignard de Louvel le frappa le 13 fé- » vrier 1820.
» Le premier Condé avait été assassiné d'un coup de pistolet ; le » dernier Condé a été fusillé. »
Quelques années encore , et l'illustre publiciste aurait pu compléter ces rapprochements, en nous disant comment finit le père de ce dernier des Gondés.
Yoici un autre jeu de la destinée : un étranger se présente en Angleterre pour proposer d'assassiner Bonaparte. Qui repousse le premier l'idée de cet attentat? Le grand-père du duc d'Enghien.
Il n'est peut-être pas toujours exact de dire que les rapprochements dans l'histoire des peuples ne prouvent rien... Qu'on remonte au début de l'ère constitutionnelle de l'Angleterre et de la France. Qu'on lise le procès des deux monarques martyrs.
Si la tète de Charles I" n'était pas tombée à Londres sous la hache du bourreau, le sang de Louis XVI n'eût peut-être pas rougi l'échafaud à Paris. Les deux révolutions ont voulu chacune , pour marchepied, une tète de roi.
L'expulsion de Jacques II, second roi Stuart après la restauration, a préparé peut-être , pour ceux qui cherchent dans le passé des exemples plus ou moins heureux à imiter, l'exil de Charles X, second roi Bourbon après la chute de Bonaparte.
La destinée bornera-t-elle à ces tristes rapprochements la ressemblance des adversités dans ces deux maisons royales? Èpargnera-t-elle au dernier fils de Louis XIY les infortunes du dernier des StuartsT L'avenir a de profonds mystères pour tous, et toujours il se joue des prévisions humaines. Cromwell et Napoléon , ces deux géants parmi les hommes, n'avaient-ils pas rêvé la souveraine puissance pour leu» fils?
Parmi les rapprochements de date les plus singuliers de l'histoire , l'événement de 1830, répondant, comme un écho terrible, après mille ans, aux déplorables scènes qui marquèrent l'année 830, sous Louis le Débonnaire, n'est pas un des moins étranges jeux de la fortune.
Le hasard peut amener dans les faits d'inexplicables rapprochements de dates ; mais souvent aussi la logique produit, dans les événonenls, de singulières similitudes. Celles-ci, la réflexion peut quelquefois les pressentir, et la saine raison sait toujours s'en rendre compte.
Le principe féodal, qui avait poussé au trêne Pépin le Bref, devait,
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SOUS an prince faible , conduire logiquement à l'explosion de 830. De même 1830 ne fut, sous un autre prince faible, que la conséquence logique des Yictoires antérieures des masses populaires sur la royauté. Ajoutons que 1830 eut aussi son germe dans la charte de 1814, considérée moins comme un octroi spontanément émané de la couronne, que comme une laborieuse conquête de la démocratie.
Ici, les détails partiels propres aux diverses provinces formant Fensemble du vaste empire d'Occident s'effacent et disparaissent devant la formidable crise qui va absorber toutes les préoccupations, où vont se fondre tous les intérêts, et devant laquelle la vie de chaque parrelie du grand empire semble être en suspens, parce que le mal est au sommet de l'édiGce , parce qu'il y a ébranlement dans la base , parce que le cœur même de l'empire est attaqué.
Cette crise prend un intérêt de plus pour la Lombardie , par suite du rôle, malheureusement trop en relief , qu'est appelé à y jouer son jeune souverain.
Le vice d'origine, que nous venons de signaler comme entachant la royauté des carlovingiens, ne fut pas la seule cause des troubles qui furent si prompts à éclater sous cette dynastie.
La main qui avait élevé à son plus haut point la puissance carlovingienne, en avait, sans le vouloir, préparé les embarras et la ruine. Cbarlemagne, en morcelant l'empire qu'il s'était créé et en le partageant entre ses fils, avait fécondé le germe des tristes dissensions dont Bernard et , après lui , Louis le Débonnaire , furent les premières Yictimes. La spoliation des fils de son frère Garloman n'avait-elle pas été aussi un triste exemple laissé par Cbarlemagne à sa descendance? De leur cêté, les évêqùes, dont le concours pour consolider le nouvel établissement dynastique , avait été acheté par la concession d'envahissantes prérogatives et des richesses immenses , n'avaient attendu que la mort du grand fondateur, pour prétendre à rivaliser d'influence et d'éclat avec la couronne , et même à devenir l'arbitre du sort des rois. Enfin , la nature même de la succession au trône , qui n'était nettement ni élective, ni héréditaire, en ce qu'elle laissait flottants ^ le droit paternel , le droit des héritiers et les droits de la nation , ne pouvait que jeter la confusion au milieu de[ tant de germes et de causes de discordes.
* Bans le partage fait d'abord par Pepio, entre Charles cl Carloman, on voit deui
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Le saccesseur de Charlemagae vint , par ses fautes , ajouter aux embarras et aux périls de cette déplorable situation. . D'abord Louis , ce prince appelé plus tard le Débonnaire » Louis , que de brillants exploits avaient illustré comme roi d'Aquitaine» ensanglanta les marches du trône impérial eu y montant. Il avait promis par serment à son père, le jour de son couronnement, et puis à l'heure suprême du grand monarque , d'avoir pour ses sœurs , ses frères , SOS neveux, une clémence sans bornes , indeficienlem mtaertcardiam.
Ses sœurs, donnant lieu à quelque blâme par leur inconduite, il punit ces désordres domestiques par un éclat déshonorant et dans le sang de leurs complices.
Bernard, outragé comme roi par Louis, mais rebelle envers son oncle comme vassal etsujet, vient, repentant de sa faute, implorer la clémence de l'empereur : Louis fait crever les yeux à cet infortuné neveu, qui meurt, peu de jours après, dans les plus affreuses tortures.
Ce n'est pas tout, Louis fait tondre et enfermer dans un clottre trois de ses frères, par la crainte qu'un jour le sang de Gharlemagne, trop respecté en eux, ne suscite des révoltes. Ces cruautés, cette violation des droits du sang et des promesses les plus solennelles révoltent tous les esprits.
Bientôt la noblesse lui fait ombrage : il lui retire ses emplois ; il appelle auprès de lui des étrangers; il élève des gens de néant, dont la cupidité lui arrache tous les biens fiscaux, au détriment de l'État ; enfin il indispose le clergé par des règlements rigides.
Ce prince, qui cependant ne manque ni de vertus ui de quelque lumière, mais que pousse à l'injustice la secrète ambition de sa première épouse, à la cruauté l'excès même de sa faiblesse, à un rigorisme inopportun Texès du zèle religieux, ce malheureux prince
choses en quelque façon contraires, dit Montesquieu : qu'il Gt ce partage du eonseo-
tement des grands, et qu'il le fit par un droit paternel. Charlemagne, après aToir partagé l'empire entre ses trois enfants, dit * : « Que si un des trois frères a un fils tel que le peuple Yeuille l'élire pour qu'il
a succède au royaume de son père, ses oncles y consentiront. » Cette même disposition se trouve dans les partages que Louis le Débonnaire *" fit
entre ses trois enfants.
* Capit, 1er, an 806. Édit. de Balute^ page 439, art. S.
** Dans Goldakt; Conititutûms Impériales^ tome 11, page 19, et Édit. de Balvze, pa(fc 571, ;irt. 14.
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ajoute une ncNivelIe faute à celles qu'il veut réparer. Il s'était déjà attiré la haine, il assume le mépris sur sa tète, par Texpiation pablique et soleouellè d'Attigny,
L'bomme se relève par le repentir et l'aveu public de ses fautes ; mais ipiand le front qui s'humilie porte le diadème, une expiation» sans dignité comme sans réserve devant ses propres sujets, ôte au roi repentant le mérite de l'humilité et ne lui laisse que le poids de la royauté qu'il dégrade.
Oncle et frère barbare» novateur imprudent dans les choses touchant de trop près aux intérêts de la noblesse et du dergé, il ne reste plos à ce monarque que de froisser et de s'aliéner le cœur de ses enfants qu'il aime avec trop de faiblesse.
Le projet avorté d'abdication, en éveillant des ambitions qui ne devaient pas être de sitôt satisfaites, fut le premier germe de ces mécontentements qui aboutirent à de si fatales collisions entre les enfants et le père. Trop souvent des espérances déçues se changent 6D griefs ccmtre celui qui, les ayant fait nattre, ne les a pas réalisées. L'homme, ainsi trompé dans ses vœux, ne voit plus qu'un droit lésé dans chacun de ses mécomptes.
Lothaire fut , de tous les fils de Louis , celui qui dut souffrir le plus du brusque changement survenu dans les projets de l'empereur ; et Ton doit penser qu'avec une nature comme la sienne, ce ne fut pas, sans un vif sentiment d'amertume, qu'il échangea cette puissance impériale qu'il se croyait si près d'atteindre, contre la modeste couronne de Lombardie. Toutefois, nous l'avons vu, grâce au con^ cours de Walla, marquer les premières années de son règne dans la péninsule par des actes méritoires et par la publication de décrets aussi sages qu'utiles. Mais la sagesse de Walla ne devait pas toujoursi éclairer de sa lumière la voie difficile qu'avait à parcourir le jeune monarque : tout devint ténèbre, tout devint obstacle et péril pour Lothaire, dès que lui manqua, dans sa naarche, le flambeau de ce guide qui, du reste, devait, lui aussi, bientôt avoir ses jours d'erreur et de repentir.
Louis n'eut donc d'abord qu'à s'applaudir, aussi bien que la l4om^ hardie, de la pensée qui avait fait confier à Lothaire le gouvernement de ce royaume; mais l'heure du blâme et du regret ne se fit pas longtemps attendre. A des décrets, qui avaient eu l'entière approbation de la cour d'Aquisgrana, succédèrent bientôt en Lombardie des me-
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sures que réprouvait ou la sagesse ou la prudence, et que l'eiDpereiir Louis refusa de sanctionner.
Lothaire ayant publié, entre autres règlements, un édit qui <NrdoDnait la destruction des églises reconnues inutiles ou qui ne seraient pas dotées et entretenues par les habitants, plusieurs hommes irréligieox en avaient profité pour donner une interprétation forcée à cette disposition royale, et pour commettre des désordres : l'empereur Louis crut devoir, pour arrêter le mal, révoquer, ou au moins obliger Lothaire à modifier, par des dispositions plus prudentes, ce décret, moins condamnable du reste, dans son but que dangereux dans son application ^
L'improbation donnée par Louis à quelques autres règlements irréfléchis ou trop rigoureux de son fils, et l'obligation où fut de noaveau le roi de Lombardie de les révoquer ou de les amender, blésusèrent encore profondément l'orgueil de Lothaire. Les doléances des ^jgneurs italiens, qui supportaient toujours avec plus d'irritation la dépendance * dans laquelle vivait leur souverain, sous l'autorité du chef de l'empire, ne firent qu'accroître le mécontentement du jeane monarque, que contint toutefob, pour quelque temps encore, le souvenir de la trop récente disgrftce de Bernard.
De nouveaux sujets de plaintes ne se firent pas longtemps attendre. Une guerre avait éclaté contre les Bulgares. Les troupes italiennes, chargées de combattre ce peuple, éprouvèrent des revers. Louis, mécontent, et sans daigner prendre l'avis de son fils, réunit une diète a Aquisgrana, destitua de leurs emplois tous les officiers qui lui furent, à tort ou à raison, signalés comme ayant manqué à leur devoir dans cette malheureuse expédition, et il infligea le même châtiment au général en chef Balderico, duc de Frioul ', dont le duché ou mar^ quisat fut démembré. Quatre comtes, indépendants les uns des autres, furent chargés directement, par le vieil empereur, du gou- >*ernement de cette marche, que Balderico et ses prédécesseurs avaient Jusqu'alors tenue sous l'autorité d'un seul *.
' GlUUNI.
* Ce fut peut-être à cause de celte même dépendance que certains docomeats italiens ne donnent pas à Lothaire et ses successeurs le titre de rots à'ItaUe oa ^ Lombardie; ne les considérant sans doute ou feignant de ne les considérer que comme ^es délégués des empereurs résidant en France. — * Giuuni et Murât., année 828.
* Ces quatre comtes eurent pour résidences les villes de CivUa di Ftiuli, Trévise, Padoue et Vicenee, *
' * j^iui. Fnme^r. BtrUn-ani. — AsTio^ioirt, in vitd luUvi Tii^ ciU'i par Hciatobi, looe In
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Ou se scavient qu'il y a pea d'années^ ce même Balderico ayait comprimé, par de brillants faits d'armes, la rébellion de Liutwide. Le souvenir de ce senrice signalé ne put le sauver de la disgrâce ; un bien sévère châtiment fut infligé à sa défaite. . . . Auprès des grands de la terre comme auprès du reste des hommes» des services, des succès passés sont rarement un motif d'excuse ou de pardon pour un mécompte, pour un échec présents.
Le Frioul ressortait du royaume de Lombardie : Lothaire ne put donc que se trouver blessé du même coup qui venait de frapper un de ses plus puissants vassaux. Le roi de Lombardie, ne se sentant pas en mesure de protester seul par les armes contre ce qu'il appelait, avec quelque fondement, des atteintes à la dignité de sa couronne, attendit impatiemment l'heure favorable de tirer vengeance des affronts reçus.
L'empereur Louis hâta lui-même ce moment, en ajoutant aux causes personnelles de l'aigreur et du mécontentement de Lothaire, des griefs qu'il rendit communs à ses trois fils.
L'empereur avait eu un fils de Judith, sa seconde femme.
Les historiens s'accordent presque tous à dire que, trop faible pour Hermengarde, il le fut pour Judith, qui ne pouvait se résoudre à voir sans diadème le seul des quatre enfants de l'empereur qui fût né d'elle ; qu'obsédé par sa nouvelle épouse, l'imprudent monarque osa revenir sur le partage fait à ses trois fils atnés, partage confirmé par ses serments, par ceux de ses fils et par le serment de ses seigneurs ; enfin que la foi promise et reçue, ce premier rempart de toute autorité, surtout de celle qui ne sait pas user de la puissance du glaive, fut Yiolée par le souverain lui-même. Les royaumes donnés furent dànembrés, affaiblis pour faire une part au jeune Charles. Le désordre fut dans la famille et la confusion dans l'État.
Ce fut un malheur sans doute, une imprudence, un fAcheux oubli de certaines formes commandées par la sagesse et par la force des choses; mais nous hésitons à appeler injustice cet acte de Louis, qui ne tendait qu'à faire participer un quatrième enfant aux fayeurs départies à ses trois frères atnés ; nous hésitons à appeler un parjure la modification apportée à des engagements que la naissance d'un nouveau fils changeait de nature et soumettait, selon les lois de réquité, à une nouvelle appréciation.
Quoi qu'il en soit, les fils atn^s de l'empereur en appelèrent au
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clergé qu'ib ioTestireiit de droits inouïs jusqu'alors. Àgobard, embrassant avec feu la cause de ces jeunes rois, rappelle à Louis le Débonnaire les partages antérieurs, la sainteté des serments qui les ont cimentés, et la punition réservée aux parjures ; vainement il s'effoice d'invoquer les droits de Lothaire, couronné empereur et roi à Borne, et è qui Ton enlève, pour la formation de ce nouvel État, les passages les plus commodes et les plus importants dans les Alpes : le vieil empereur se montre inflexible.
Lothaire avait plus de griefs à reprocher et était plus aigri que Louis et Pépin ; et cependant, soit que Tartificieuse Judith parvint à le gagner par Tespérance de faire prévaloir son crédit dans le gouvem^nent général, sur celui de ses frères , soit que le jeune roi de Lombardie, voyant se former un orage, voulût prudemment le laisser éclater loin de lui, et se tenir prêt à en exploiter les suites sans en affronter les périls, il fut sourd à la voix de ses frères de Bavière et d'Aquitaine qui l'appelaient aux armes.
Pendant que la sédition s'ourdissait menaçante , le vieil empereur passait son temps à chanter des psaumes, à conférer avec des évéques, à prescrire des jeilùiies sur la nouvelle d'une descente des barbares , ou pour faire cesser la peste ou la famine qui désolaient quelques provinces de ce vaste empire I
Judith , depuis quelque temps, avait prévu la crise qui allait agiter l'Occident ; l'insuffisance de l'empereur pour s'en rendre maître , ne lui était que trop démontrée, et elle avait jeté les yeux sur Bernard , comte de Barcelone, grand homme de guerre, aussi heureux que hardi dans toutes ses entreprises. Seul, il lui parut capable de triompher de tant de périls. On éleva Bernard k la dignité de chambellû et de grand mattre du palais : faveurs , richesses , pouvoirs, tout fut v&m aux mains du nouveau favori. On fit tant , que celui qui devait conjurer la tourmente, en hâta l'explosion par sa hauteur, son faste insolent, ses concussions et ses violences.
Le nombre des mécontents s*accrott de toutes parts. Des seigneurs, des prélats, les abbés de Corbie et de SaintrDenis, s'unissent aux évéques de Vienne, de Lyon , d'Amiens. Les rois d'Aquitaine et de Bavière se proclament les chds de la sédition. On accuse Judith et le comte Bernard d'adultère, et l'on impute à ce nùnistre le dessein de faire périr l'empereur avec ses trois fils du premier lit , pour épouser l'impératrice.