‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 82 sur 137 · II · texte numérisé non relu

II

02 mUXlSHB BPOQUB.

le titre de duc de Napksau titre d*éf èqoe ; ABMtase» qa*iui Inité lie aux Sarrasias» eiwoie ravager ka enviroM de cette place dès qu'il reçoit Tavia que le due de Spoletti s'en est éloigné. Gmj remai tor ses pas, soo approdie sofit pour déttnwr fea Gaponana de cas bandes dévastatrices, dignes alliéea des Meaes.

Mais les actions de Guy ne sont paa tcNnla aa» ■énMns^Brenperto raconte qa!Aïon^ duc de Bènévent^ s^étasl lendo è Capoii poer conférer avec le due vainqueur sur quclfues dificwMéa qui tvaîeat rcrroidi leurs relations, ce dernier eut la perfidie de le retenir priwfinter ; que Giiy parut ensuite sous les oMn de Binévonfe, eu coaipagnie d'Aïon qu'if formait de ae OMUitrer à aes oAléa : que les léaé^ ventins, voyant ces deux princes enseuiMe et les croyaat eu teanf intelUgeuce, se hâtèrent d'ouvrir leurs porteai, et qm les troupes de Guy, à l'aide de ce stratagàaae, s'emparèrcul de la plaee sans coup férir. Pendant cette prise da pogacasteu, ajoute Ikenperto, leduc de Spoletti, ayaot toujours kwm & ses eétéa, eouraHensployer auprisdes habitants de SipunUo, lu rus» qui lui avait lifvié h capitale ; mais Guy n'est paaphitftt muitfede cette autie pktoes^ que les luèitai^de Sipunto découvreui sa pertdie; le tocsin appeMe aussHiAt ani âmes toute la population ; Guy, télhtgà dnua une égiiae, n'échappe à la mort qu'en rensettant le prteee Aïou aui uiaïun de cette pepniation fidèle, eu promettant TonUi du l'outnge qu*il fu^oît et en prenant l'eng^eoent, par sèment sokunel, den'en jnmaia tirer wugaance *.

Guy, heureux de se tirer de eesMtnvaia pas. à Si hou eottpte, esprit en toute hâte le eheuMude suu dudié^ Sisaghsireeut uupeuà soaffrir de cette triste mésaventuae, son oifucilant terouver unéèdomms" gensent dans l'étrangelé de l'épisode ipi'il venait d'ajoutn^ à une vie sur kqueHe il voulait à touA pri&jntec de L'écliA.

Bérenger, duc de Frioul, nf appoutaît dau» ses. desaains, ni noias d'ambitiout ni nanius d'audace, ui moins de pcnévéauue pour en assurer le succès. Fila da duc jfeèf rfcerrf eo Èvrmé, etdnfiltfteou GtMdU^ fiHe de Louis le Débonnaire, il sentait seu «abitioBitet son énergie s'accrottre de Uwtes les Utthelés des autres deaoeudants de Charlemague. Soumis à l'empereur quand il ^^tait agi d'ahaiascf un rival et de s'enrichir des dépouilles du duc de Spoletti, il ne tarda pas à braver l'empereur lui-même et à l'attaquer dans la personne de son

* Erbmpbrt., Hiii., cap. S8. — Mcratori, Ann. d*Ju, tome Y» psusiaSL ^

LIYER t\ — CSAPniB II. AS

ministre fafori» quand le prétexte de Yeagcar one injure irint donner un libre cours à son impatience d'un joug que cbaqoe jour lui ren-* dait plus pesant.

Voici, d'après les annales de Fulde, ce qui donna lieu à cette première explosion.

Luiiwardf que Cbarlea le Gros avait élevé des derniers rangs à réfèchéde YercelUet à la dignité de ministre archichancelier» s'était asservi son mettre, au point d'être plus puissant que lui dans Tem* pire. C'était Luitward que l'empereur avait chargé, dans le temps» d'engager Adrien UI à se rendre à une grande diète convoquée k Worms^ dans le desseîiir ditH>n, de faire reconnaître Bernard, son fils naturd, pour son héritier. La mort d'Adrien empêcha seule ce voyage, auquel la persuasive éloquence de LuRward avait déterminé le pontife romain.

Êtierme F, successeur d'Adrien, ayant été consacré avant d'avoir obtenu le consentement de l'empereur, Charles s'était irrité de cet oubli de sa prérogative, et ce fut encore Luitward qu'il envoya avec ([uelqoes autres évèquea à Rome» pour déposer Etienne. Luitward calma l'irritation de l'empereur en lui persuadant, à son retour, que rélectioD avait été canonique et unaDÎme, et qu^elle était régulière puiB(|a'dle avait en l'appKobatiim de Tarcbevèque de Milan, ministre impérial. Charles» apaisé par le riq^port de Luitward,. q^i peut^tre dans ce conflit s'était plua préoccupé de sa dignité d'évêque que de son caractàie d!af chiehancelier de Vampire, se désista de sa menace.

Le crédit de Lttitwavd aHait. toujours grandissant ainsi que sa puis* sance. L'envie, cette triste commensale de tous les rangs et de toute» les conditions humaines^ l'envie grandit avec la fortune du. favori et moltiplia contre lui les plus graves inculpatieuL.

On l'accusa» entre autres griefs^ de contraindre les plus illustres famHlea d'Italie et d'Allemagne, à donner leurs filles en mariage à ses paraits dont il cherchait vainement k voiler la basse origine par l'éclat de sa faveur. Le rapt et la riolenee kû faisaient» disait-on, justice des refus*

On raconte qu'une fille d'I/nr o«a, prédécesseur et frère de Bécenger, duc de Frioul, ayant été, par les ordres de ce ministre dictateur, enlevée de force du couvent de Sainte-Julie de Brescia, pour devenir réponse d'un neveu de Luitward ^, Bérenger saisit cette occasion

> Les chroniques de l'époque rapportent que les religieuses du couveot de Sainte-

pour courir aux armes et se jeter à la tète de ses geos de guerre dans les seigneuries de l'audacieux prélat, et qu'il y porta la dévastation.

Mais, comme pour le duc de Spoletti, l'autorité expirante de l'empereur devait une fois encore obtenir sur le duc de Frioul un stérile triomphe. Bérenger, parl'ordie de Charles le Gros, adressa quelques paroles d'excuse à Luitward , après toutefois lui avoir repris sa nièce, et il dut indemniser le puissant ministre par des présents dont Veovie et la haine se hâtèrent de demander compte à l'insolent fSavori.

Luitward , par l'humiliation qu'il avait fait subir à Bérenger, espérait avoir plus que jamais assuré sa puissance et sa supériorité sur les grands vassaux de l'empire. Cette espèce de triomphe fut le terme de sa fortune. Toutes les rivalités entre les grands vasanx firent trêve et se turent un moment pour faire faisceau contre l'homme qui prétendait tout niveler au-dessous de lui et tout fouler aux pieds ; tous ces orgueib blessés se liguèrent pour faire de cet oi^ueil dominateur un grand holocauste à leur jalousie toujours croissante et à leur haine longtemps comprimée.

La faiblesse de la santé de Charies et la préoccupation d'e^Hit qu'exigeait la conduite d'un empire trop vaste pour lui, avaient influé sur les facultés mentales de ce prince. On profita de cette circonstance pour faire parvenir jusqu'à lui des accusations qui touchaient à son honneur et dont s'irrita sa fierté ; on sema des insinaations infâmes à l'occasion de la confiance que l'impératrice accordait à Luitward. Charles, avec cette précipitation et cette brusque violence de tous les hommes faibles quand leur tète s'irrite , chasse son ministre sans rien examiner et le dépouille de ses honneurs.

Peu de jours après il fait coipparattre l'impératrice Richarde devant son conseil , et déclare à la grande surprise de toute l'assemblée, que depuis dix ans il n'a eu aucun commerce avec elle. L'étonnement redouble quand la princesse ajoute à cette déclaration de Tempereur , qu'elle n'a jamais partagé sa couche et qu'elle est restée vierge ; elle fait l'offre , au moins étrange , de le prouver par le duel ou par l'épreuve du feu. L'innocence de Richarde fut reconnue et proclamée ; mais l'inopératrice , fuyant une cour où l'on avait voulu

JulU ayanf^ lors de l'enlèTement de la fille é'UnroeOf adressé à Dieu leurs plaioifs et leurs prières, le nereu de Luitward, à qui elle dendt être livrée, fut frappé de mort la nuit même de ses noces, et que leur jeune compagne rentra innocente et fmre dans leur pieui asile.

UVRE I*'. — CHAPITBI II. 65

la couvrir d'opprobre , se retira dans un monastère d'Alsace oà elle mourut en odeur de sainteté.

raudacîense ambition et l'inflexible Termeté de Luitward avaient servi de bouelier à la faiblesse de Charles le Gros. Ce rempart tombé, les mille têtes de Thydre Téodale surgissent de ses décombres. La chute du ministre favori enhardit toutes ces ambitions de vassaux, à qui, pour les satisfaire, il faut au moins une couronne de roi. Le péristyle une fois franchi, on envahit le temple et l'on souille le sanctuaire.

Maintenant c'est l'empereur qu'on attaque; c'est à l'empereur qu'on demande compte de l'honneur de la France, livré aux Nor* mands par un traité honteux ; de cet honneur national si vaillamment soutenu déns les murs de Paris, malgré les horreurs de la famine et une effroyable contagion , par le comte Eudes et l'évéque GosHn^ et que Charles a marchandé l&chement à prix d'or avec des barbares.

Tous les cœurs se soulèvent de mépris, la révolte se propage et devient générale. Les grands de la Germanie, profitant de cette fermentation qui agite la France et l'Italie , s'assemblent en diète à Tribur près de Maconça^ déposent Charles le Gros et élèvent à YemfireÀrnould ou Amolphe^hèXvivi de Carloman de Bavière *.

L'empereur , dépossédé et réduit au plus complet isolement , va mourir dans une obscure retraite qu'offre à son infortune la compassion de Luther^ archevêque de DTayence.

Ainsi finit misérablement et flétri par le mépris de tous, ce prince qui , pour reculer les limites d'un empire déjà trop vaste pour son étroit génie, froissa l'équité, dépouilla un enfant de l'héritage de son père , et se fraya , par son aveugle ambition , la voie vers TaMme qui s'ouvrit enfin sous ses pas pour l'engloutir.

' PcvFSNDoaF, Hist. univ,, ann. 888.

Page 1