‹ Histoire de la conquête de la LombardieChapitre 86 sur 137 · LIVRE II. — CHAPITMS l · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITMS l

cette place ; leurs efforts échooent contre le courage et la constance de Guy. Le fils d'Arnolphe, fatigué des obstacles qu'il rencontre et de la longueur d'une lutte qu'il croyait terminer par sa seule présence, lève lé siège et ramène ses troupes en Germanie. Guy fond alors avec toutes ses forces sur Bérenger , qu'une prompte ftfite au delà des frontières de Lomtmrdie dérobe seule à la poursuite de son ardent compétiteur. Le roi vaincu va chercher un asile à la cour d'Amolphe , où le suivent d'autres seigneurs italiens , ennemis des deux nouveaux empereurs.

Le pape Formose n'avait couronné qu'à regret ' le fils de Guy ; ses secrètes sympathies étaient pour la cause de Bérenger. Il fit supplier Arnoiphe de venir lui-même en Italie, soit pour assurer le triomphe de cette cause, soit pour mettre fin à de sourdes intrigues ourdies à Rome contre le pape lui-même , et qui menaçaient l'église d'un schisme scandaleux. Le désordre et la confusion étaient sur les marches du trône apostolique comme sur tous les trônes du continent.

Les instances de Formose , jointes aux pressantes sollicitations de Bérenger et des autres seigneurs d'Italie réfugiés à la cour de Trêves, déterminèrent Àmolphe à une nouvelleg[>rise d'armes. La fin de 893 ou les premiers jours de 894 virent l'armée de Germanie , que commandait Arnoiphe lui-même, camper sous Vérone, qui^ dévouée à Bérenger, ouvrit ses portes sans résistance. Brescia imita cet exemple.

Il n'en fut pas de même de Bergame , où commandait un comte Ambroffio ou AnAroise , pour l'empereur Guy. On dut faire le isiége de cette ville et la battre en brèche au moyen de machines de guerre. La défense fut longue et opiniâtre de la part des troupes et des habitants. Prise enfin d'assaut le 2 février *, cette malheureuse ville subit toutes les cmelles conséquences d'une agression de vive force. L'évêque Adalbert, qui avait partagé les périls et soutenu par son exemple le courageuses assiégés , fut jeté dans une prison. Le comte Ambroise , cherchant un dernier refuge 4|ns une tour, s'y défendit longtemps en désespéré. Tombé enfin au pouvoir d'Amolphe, il fut pendu à un arbre par ordre de ce prince. La ville fut pillée et à demi détruite; ses remparts furent démolis. Cet exemple terrible intimida les autres

' MuRATomi. Ann. d*lL, aono 893.

^ YiEiLLB cBftoNiQVB dc BergatM, découverte par Giulini, année SOI.

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villes qui ne songèrent pins à résister. Milan fit sa sonmissioii ; IbgÎQfredo, à qui l'insiiccès de la premidre expéditioi» «vait fait cberdier un asile à la eoar de Germanie, et qui avait suivi Arnolphe dans eette nouvelle invasfen reprit sa ckarge de comte de Mihm et de eemCe do palais, au nom et par l'autorîté de ce prince.

Guy et son flh s'étaient éloignés de Pavie à rapproche de Farmée victorieuse, et trop formidable cette fois pour songer à Im résister.

Arnolphe entre en triomphateur dans cette capitale qui ^est Mtée de lui ouvrir ses portes. Il y réunit une dtête-: et tout (iifl croire, bien qu'il n'en reste aucune preuve écrite, quil s'y ftt coufouier ou tout au moins proclamer roi dltalie *, sans enlever toutefois ce tStre è Bérenger qu'il replaça sur le trône lombard, comme son vasal, aux mêmes conditions , sans doute , que le furent lies rois de Lombardie sous Ghariemagne et sous les premiers successeurs du grand homme. Arnolphe nourrissait d'autres projets : son ambition n'était qu'àmoitié^ satisfaite ; Rome attirait son regard r Rome avait disposé d'une couronne dont l'éclat, au front de Guy, blessait son orgueil ; il lui tardait d'aller lui-même, dans la capitale de la chrétienté, chercher la réparation de ce qu'il appelait un outrage h sa majesté, une atteiMe à ses droits ; mats la crainte que fe duc de Moravie ne profitât de son absence pour recomnrencer la guerre , lui fit ajourner Faccomplissement de son dessein. II partit, laissant derrière Itii d'autres périls non moms gi*ands que ceux qu'il aîlaît affronter.

Guy, à la nouvelle inespérée de ce départ , sent renaftire Tespoir d'arracher la Lombardie aux mains de Bérenger. II quitte à la hftte sa retraite; mais, arrivé surïes bords du loro, entre Farme et Plaisance , il est surpris par un crachement de sang qur résiste à tous les secours de l'art, et il meurt rêvant à denouvelles hittes. Bfgne fin d'une turbulente vie. Humeur ftpre et fière, nature demi-chev&le-

* Yoici ee qui fait penser à GiaUni qa'Anralphe se fit proclamer rof dltalie d^ns ceUe eircoDStanoe.

Quoiqu'il n'eût pas cessé de se prévaloir de ses droite sur ce rojaunie, et qu'il e^t fait, depuis l'élection de Tribur, à l'égard de ce pays, quelques actes de souveraine puissance, Arnolphe n'avait jamais, avant cette guerre contre Guy , explicitement pris dans ses décrets le titre de roi dSHdUê*; tandis qu'il résulte de pinsîears cliartf» et autres pièces émanées de ce prince , et citées par Giulini , qu'il a pris cette déoomination depuis son entrée dans la capitale des Lombards, et que l'année de eette même entrée y est désignée comme la prtmièn cumH dé sanfèffne en Lombardie. (GivLiNiy tome I«% lib. S, auioSai.)

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