‹ Histoire de la conquête de la NormandieChapitre 2 sur 24 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

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leurs ouvrages laissent a désirer. Ces historiens ne s'attachent en général qu aux faits principaux : ils négligent les faits accessoires et secondaires^ qui sont cependant le complé» ment indispensable des autres^ en ce qu'ils en donnent presque toujours le motif et l'explicalion.

Nous avons dû alors puiser à des sources plus sures. Nous avons compulsé les chroniqueurs du moyen âge, avec un intérêt qui s'est augmenté à mesure que nous creusions dans cette mine féconde.

Ces chroniqueurs, n'écrivant souvent que pour occuper les longues soirées qu'ils passaient au fond de leuis châteaux ou dans les solitudes [des cloîtres, n'avaient point de raison de déguiser la vérité. Us disaient tout ce qu'ils avaient vu, tout ce qu'ils savaient; tandis que les historiens, plus sérieux, écrivant pour être lus par leurs contemporains , consultaient trop souvent , avant de prendre la plume, les affections et les antipathies de

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ceux auxquels ils s'adressaient. Plus ils sa* vaieut leurs lecteurs chatouilleux sur rhouncur national et toujours disposés à voir leur Dation supârieure, en tout et partout, à la nation rivale, plus ils se gardaient de heurter ces sentiments peut-être respectables.

Aussi lisez les historiens anglais; ils sont toujours prêts à pallier, sinon à excuser entièrement^ les fautes des hommes célèbres de leur nation ; de même les historiens français sont souvent beaucoup trop indulgents pour leurs compatriotes.

La vérité 9 toute la vérité, et rien que la vérité/voilà ce qu'on doit demander à Thistorien avec la même sévérité que la loi Texige du témoin, et ce qui ne se rencontre pas toujours sous la plume des historiens français et anglais. Qu'on ne s'étonne donc pas de notre préférence pour les chroniqueurs, dont rincontestable mérite est la véracité. Leur style n*est pas très-châtié. Leurs récits sont diffus, présentés sans beaucoup d'ordre et

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de clarté. Néanmoins on peut» sans trop de difficulté» démêler la vérité sous son enveloppe plus ou moins grossière» et trouver, comme Virgile, des perles cachées dans le fumier d'Ennius. Ce travail est long et fatigant» mais c'est aussi le seul moyen d'arriver à la connaissance exacte des faits» ei de réussir à retracer fidèlement la physionomie d^une époque.

Nous ne prétendons pas avoir toujours réussi* Ce serait une présomption mal fondée. Nous voulons seulement qu'on sache de quelle manière nous avons compris notre travail et sous quelle inspiration nous avons écrit.

Nous avons biàmé la partialité des historiens français et anglais; mais comment qualifierons-nous le tort qu'ont fait à la vérité les romanciers prétendus historiques.? Ces auteurs (nous voulons parler surtout de Walter Scott» le plus illustre d'entre eux)»

doués d'une brillante imagination, d'un vé-

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