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De son e6té OUion, capitaine renommé, ne rata point au-dessous de sa réputation. Cîonvaineu que le
succès de la journée était attaché à la personne de Philippe, il ût des efforts extraordinaires pour arriver jusqu'à lui , le tuer ou le faire prisonnier. II avait à eet
effet réuni cinq escadrons d'élite qu'il commandait luimême.
Deux de ces escadrons, en arrivant près de Philippe,
s'écartèrent, l'un à droite, 1 au tri; à gauclie, poui Iriiir en échec ceux qui voudraient venir à son secours. Othon à la tète des trois autres, et précédé d*un chàriot qui portait Taigle d'or de l'Empire, fondit impétueusement sur les chevaliers qui entouraient le roi. Le dioc fut soutenu avec fermeté, mais le nombre l'emporta. Philippe fut renversé et foulé aux pieds des chevaiix. Il reçut aussitôt plusieurs coups de lance et d'épée. Heureusement la bonté de son armure le préserva.
Pendant ce temps le chevalier qui portait l'étendard royal le haussait et le baissait alternativement, pour
avertir du danger où était le roi. Ce signal fîit compris
par les chevaliers de France, qui, par un suprême effort, parvinrent à dégager le roi et à le remonter sur son cheval.
Philippe reprend aussitôt l'offensive; le chariot impérial est renversé, Taiglc enlevé. Othon, trois fois démonté, saisi au corps par un chevalier français, ne parvient qu'avec peine à échapper aux étreintes de son ennemi, et prend la fuite un des premiers. S»'s chevaliers suivent son exemple. Le bruit de la fuite d'Othon
S2i APPENDICE.
se répand dans rannée ennemie, la démoralise, et la déroute devient générale. L'évéque de Senlis lance à sa poursuite tes gens des communes , qui , armés à la lé^ gère et avides de butin, font une terrible boucherie des fuyards.
Après la bataille, où, selon le rapport des historiens, les Allemands perdirent plus de cinquante mille hommes; sept comtes souverains, au nombre desquels se trouvaient le comte de Flandre et le comte de Boulo*
gne, vingt-cinq soigneurs portant bannière, et une multitude de nobles et de chevaliers, qui avaient été feits prisonniers, forent présentés à Philippe.
Philippe ne se montra sévère que pour le comte de Flandre, qui avait payé ses bienfaits d'ingratitude. Une sorcière avait prédit à Ferrand qu*après la bataille il entrerait en grande pompe à Paris. Cette prédiction se réalisa tristement pour lui , car il orna le triomphe de Philippe- Auguste ; et, s'il entra dans Paris, ce fut à sa suite, chargé de chaînes, et sur un chariot attelé de quatre chevaux.
Le jour où Philippe gagnait sur Othon la bataille de Bouvines, son fils Louis battait Jean sans Terre dans un combat livré près de Ghînon. Les courriers , qui portaient la nouvelle de ces deux batailles, se rencontrèrent auprès de Senlis.
La France compte peu de victoires qui aient eu une influence aussi décisive sur ses destinées, car elles consolidèrent les conquêtes de Philippe-Auguste, et assurèrent définitivement la réunion de la Normandie à la France.
APPENDICE
Nous devons ajouter que, par un traité conclu au mois de décembre 1250 entre saint Louis, roi de France, et Henri III, roi d'Angleterre, ce dernier, au moyen de ce qu'on le remit en possession de diverses parties de la Guyenne, qui lui avaient été enlevées, renonça pour lui et ses successeurs à tous droits sur la Nor* mandie et les autres provinces de France.
NoT£ page 209.
On a beaucoup disserté, beaucoup écrit dans ces
derniers temps, sur les véritables limites de la France. Peut-être lira-t-on avec quelque intérêt ce qu'en pensait, en ItôO, un auteur que nous avons déjà cité? Voici ce que disait à ce sujet Robert Blondel, dans son OrtOto historialis. Le texte est en latin; nous en donnons la traduction littérale :
« Quand je lis les auteurs anciens, je vois que dans « le principe les Gaules étaient la nation la plus puis- « santé et le pays le plus étendu de TEurope. Les « Gaules, en effet, séparées par les Âlpcs, se partageaient « en deux grandes divisions, Tune Cisalpine, l'autre « Transalpine. La première, d'après les bons écrivains, « a pour bornes, à Pouest et au midi, les Apennins; « au nord les Alpes ; à Test le golfe Adriatique et un « petit fleuve nommé Kubicou. Aujourd'hui ce pays a
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« perdu le nom de Gaule, il s'appelle Italie La seconde, « ou Transalpine, s'étend en longueur des Alpes ita- « lîennes à la mer d'Angleterre et aux monts Pyrénées «r qui la confinent du côté de TEspagne. Donc, en ces « temps anciens, du midi à la rive gauche du Rhin, le « Brabant, la Lorraine, le Hainaut, la Flandre, et jus- « qu'à cette fameuse dté de Cologne, oti se trouvent « les trois rois qui adorèrent Notre-Seigneur Jésus- « Christ enfimt, étaient de la langue et du corps de la « Franee. » {Orat. hiUwr,, cap. xxv.)
Préface. Pag, i