‹ Histoire de la constitution civile du clergé (1790-1801) (volume 4)Chapitre 45 sur 55 · SI'IS · texte numérisé non relu

SI'IS

.ir.'.'..'

: : .'xjT.'TrrjON civile dc clergé.

Ti ai r«;iL ru* \2 commune institua plus tard dans à« Tiiassarres àt septembre. Ces inquisiteurs de la soc r.-rpi: -.z::iivà\ u-SÈeul à fiire h chasse aux prêtres •s ;.rres-îu :î< oLm.ese. à faire comparaître les malheur :■: v-\. t: : }rsT :.5^:çn:T leur prison. Pendant ce temp rftf.r:?^ f-MiS^iff. i'i^qiMS par les jacobins, tremblaient p >. -: :- . -: : z.'i::.r:-z\ ; î j> o.«cupc« qu à écrire à la Constitua

T-r-, -.*r: :::rt. à: :-.<:■ dj 21 août, ils lui racontent commi :«\ ;.y.-::t::;5 t: d--cTele rcmprisounement des pré 1res, ::= ^.Ti^-'SîJ.-L ;:.: î;iû de sauver leur autorité Ta compte

• . 1 s'cs". ::rnx un :r:V;:33l d'inquisition dans la maison du ■. . r.: ri. i-^r.-.r.^î^ d- h c:.rde c^tî^'^naïe. sous le titre do conseil gêné J: 1: ç rif r.i::?ru"i>. C? «»a>fiî proscrit par les lois s'est emparé .*:\-\. ' :: Je notre arrête : iî a dej^èché aussitôt des gardes nationa i;::* ::.*.:■< !-:* psrMs?-:* oj quelques ecclésiastiques leur étaient si >:.":5. •;.\\4-c LCt-e srrt'ir deslcu/it exclusiTcment colles où Ton c ^i:: >: rortcr. Ce n>>î joial ass-^z : des non-fonctionnaires pubi c»iî «:-• :.îii^enient arrêtes.... dos r*erquisitions vexatoires, arbitrait o.itr.-r-acles se font dans les maisons. Le> campagnes sont couver d':-..^n:m'?5 annes ou de malheureux fugitifs qui cherchent à se < roÎH'r à !our fureur. A chaque insîànt des groupes de gardes et r>0'.:p!e tr.-ïineut dans les rues au bruit du tambour les infortunés (j :îolre :irri le ordonnait de ro^pecler, tt toutes ces victimes sont jeti vi.'iiîs le séminaire., t»

C > -.l:> !.*. r 'ii^eil ni :! "r- . \'. :;v:!î\'ip..îi'.o il* C.\•^n pour co • \-. . 1 . ..:.\:v ^ i/.i tous !;> i ..\. !r>. L'aiiîor.îc du département i

I.: >■ . :.\! :: -. I\'.ir r.i:: .::t l\^rJre et lo respect de la lui * s..:".>. : ù'a:.îr.:.!ir uiie sooi- le li.ir^ -reiiso et porturb.ilrice, mais iViiiî:..: i;::-: îori'o p:îMi,i'.io. ol n.^:is r.\n avons pas, puisijuo la j:ar i..-::.^:.. it . it.Iiie pour soooiuKt iîos iK'orts et taire respecter la loi, c uoî::!: il ooir.iv.it oilo-inènîo liSi\oè> contre lo>quels nous rrclamons

f... I.? nui ist à so:i o.Mnî'L\ une indignation cénoralc soulo\o to iiS Kî:5 viîoyons, qui cnîri\oiont déjà le pillage de leurs propriétés î -.AoroAV sjîi^'.uit de tovites ies hnines partioulièros. Tous les propr t.iires. chnsS' s do leiî!"S o.:nip:>gnv'S par les porsroulions, et qui eluic \onjs se Ti fumier da:îs nos nu:rs, épouvantés p.ir tout ce qu'ils voiei :';;iont do tousoôîos di- ootte ville, où i!s eroyaiout trouver un asile pi iiu corps adiniiustmi: supérieur J . lue morne stupeur, une sonil

\\ C\■^t un a>ou du il»'v>nîi'i; (| :i ii"'j;nail di'pui> lonat-MiipH (î.ns « o *l'iv îtMi.onl , ot lo ilire. t/iriMio raiirit j.un li? f.iil ausNi fra uhonii^îil >M ^\'^^ i"tc lui luèine opprime par les ja^^obiris.

coDSternation régnent autour de nous, tandis que de leur côté les membres du club font afficlier des adresses incendiaires de coalition : nous avons rhonneur de vous en adresser deux. La première a pour objet les affaires criminelles que Ton pourrait intenter contre les membres du club. La seconde a pour objet de soutenir le parti du comité de la garde nationale par le club contre les poursuites qu'il n'ignore pas que nous serons en droit de faire .. »

Le directoire demanda à TAssemblée Tautorisation de se transférer à Bayeux ou dans toute autre ville plus sûre que Caen , et la supplia de prendre avant tout des mesures sévères contre la Société des Jacobins.

II faut lire la date de cette lettre pour ne pas croire qu'elle a été écrite en pleine Terreur! Elle parvint à l'Assemblée au moment où, sur la plainte de la municipalité de Bayeux, elle venait d'ordonner au tribunal de cette ville d'informer sur les faits dénoncés contre Fauchet et Chaix d'Est-Ange. Si l'Assemblée avait été instruite un peu plus tôt de l'état dans lequel se trouvait la ville de Caen, son indignation aurait été encore plus grande. Les dénonciations de la municipalité de Bayeux étaient pourtant d'une extrême gravité. Fauchet et Chaix d'Est-Ange ne cessaient de proclamer partout, dans les clubs et dans la chaire, les doctrines les plus anticonstitutionnelles et les plus subversives de l'ordre social. L'Assemblée avait établi une constitution monarchique, ils la combattaient publiquement; une constitution représentative, ils niaient partout que le peuple pût déléguer ses pouvoirs, et soutenaient que tout au moins les mandats devaient être impératifis : le roi suivant eux devait être remplacé par des tribuns du peuple. Ils ne cessaient de vilipender la constitution nouvelle, de faire « un grand étalage de principes ; les grands mots de patriotisme et de fraternité religieuse y sont employés pour égarer le peuple ; c'est dans la chaire évangélique qu'on excite le peuple contre ses administrateurs. Plusieurs fonctionnaires publics ont été obligés de quitter la ville. « La municipalité rappelait ensuite les premières scènes de Caen et l'affaire de la place Louis XVI. Fauchet, après une procession où il était allé pieds nus, avait déclamé si violemment dans le club contre un citoyen , qu'on avait été obligé d'employer la force armée pendant plusieurs jours pour le protéger chez lui. Ce n'était pas au club, mais dans la chaire qu'il avait excité le peuple contre les deux administrateurs de Caen, et les avait aussi contraints à s'enfuir. Quant à Chaix d'Est-Ange, qui avait été employé à la Salpétrière et en avait été chassé à cause des désordres qu'il y causait, c'était le trop digne vicaire de Fauchet, il avait participé à tous ses excès; il avait convoqué les Jacobins à se rendre en tumulte à la place du parjure y c'était un perturbateur qui méritait comme Fauchet une sévère punition.

Le rapporteur Vieillard, adversaire acharné des réfractaires', et

iSO CONSTITCTIO.X CIVILE DU CLERGÉ.

apologiste forceDé de la coDstitution civile, déclara hautement que Fauchet De cessait d'aller dans les campagnes, de paroisse en paroisse, dé« peignant partout les administrateurs du département comme des hommes corrompus et se disant seul capable de ramener Tordre et la paix. Si rAssemblée le laissait continuer, c*en était fiit de la constitution dans le Calvados. Vieillard demanda également que le comité ecclésiastique préparât un projet de décret dans le but de forcer les prêtres fonctionnaires publics à se renfermer dans les fonctions de leur ministère. Joubert, intrus de la Charente, s'éleva avec force contre la conduite de Fauchet, et demanda qu'il fût mis immédiatement en arrestation avec son vicaire; mais il supplia 1* Assemblée de ne point rendre un d«fcret général, qui confondrait l'innocent arec le coupable. LWssemblée se contenta d'ordonner que les deux accusés fussent poursuivis, et qif elle fiU tenue au courant de la procédure.

Ce décret fit beaucoup de bruit, mais Fauchet et ses partisans n'en firent point intimidés : ils continuèrent à usurper tous les pouvoirs et à donner la chasse aux prêtres réfractaires. Toutes les sociétés des jacobins prirent hautement la défense de leur chef, nous ne voulons pas dire de leur évéquel La municipalité de Caen envoya au comité des rapports un éloge pompeux de Fauchet, daus lequd elle exaltait « ses nombreuses conversions politiques ».

Fauchet lui-même, qui avait intérêt à ne pas pou>ser ses adversaires à bout jusqu\iu moment des élections, crut devoir protester dans une lettre à l'Assemblée. 11 nia résolument les accusations portées contre lui, se déclara plein de respect pour les autorités, et déterminé a n*eniployer jnmais que les moyens légaux pour faire triompher ses opinions. Néanmoins le bout do l'oreille paraît à la fin, et après toutis oesbtlles protestations on est étonné de lire ces paroles... « Des admiinstratcursen ce qu'ils sont despotes, aristocrates et violalt'urs de la loi ne sont pas sans doute des autorités constituées. » Il fait étalage (les services qu'il a rendus à la révolution , il rtippelle fièrement le rôle qu'il a joué à la prise de la Bastille et au comité municipal : « Pendant les six preniiers mois de la révolution, j'ai géré nuit et jour avec lin très-petit nombre de généreux collègues, la police de la capitale.. '^ On voit qu'il compte l)ientôt éire à la place de ces Constituants, auxquels il veut bien par condescendance fournir des explications.

I/Assemblée avait rendu un décret contre Fauchet; mais revénition de ses desseins n'en fut aucunement entravée. Le directoire du Calvados avait pris un arrêté ordonnant que les prêtres réfractaires ne fussent arrêtés que sur des dénonciations sérieuses, qu'ils fussent bien traités, et élargis s'il n'y avait point de charges contre eux. Mais le comité militaire institué par Fauchet et les jacobins n'en tenait aucun compte, et les jacobins du déparlemeut usaient de tous les

moyens possibles pour empêcher Texécutioa du décret rendu par 1* Assemblée contre Fauchet , et paraissaient disposés à se soulever en masse si leur chef était inquiété.

Les malheureux administrateurs Tirent tout de suite qu'il ne leur viendrait aucun secours de TAssemblée. Le 26 août ils recurent du co« mité des rapports une réponse déplorable. 11 les laissait absohiment libres de faire ce qu'ils voulaient, de rester à Caen, ou de s'installer à Baveux si tel était leur bon plaisir. Il s'étonnait naïvement de la conduite du conseil militaire; « le moment, disait-il, viendra incessamment, où r Assemblée nationale réprimera de pareils écarts, mais en attendant nous vous recommandons l'intérêt de la patrie et de la chose publique conûée à vos soius.. » Pour l'instant l'Assemblée se déclarait impuissante à réprimer ces excès, et elle n'avait pas le temps d'attendre, car ses jours étaient comptés. En vérité Fauchet et ses jacobins avaient habilement pris leur temps et proGté de la lassitude et de la sénilité de l'Assemblée, qui par l'organe de son comité convenait ellemême que sou décret n'était qu'une vaine menace, teium imbeile sine ictu.

Les administrateurs ne pouvaient se mettre dans la tête que cette grande assemblée fût réduite à une pareille impuissance. Le 28 août ils écrivaient au comité des rapports pour lui rendre compte des manœuvres auxquelles les jacobins se livraient dans l'intérêt de Fauchet. « Cette municipalité ( de Caen ), qui nest presque toute entière qu^une section du club, vient de faire une adresse à l'Assemblée nationale et au ministre de la justice pour attester le civisme et l'excellence de la doctrine de M. Fauchet, et demander que la procédure commencée contre lui soit anéantie. 11 est vrai que sur quarante-cinq membres, dix -neuf seulement ont signé cette étrange pétition. La municipalité de Bayeux vient de céder également aux pressantes sollicitations de M. Fauchet, et elle doit avoir écrit au ministre de la justice pour l'anéantissement de la procédure. Aucun corps administratif ne s'est mêlé de cette conciliation : on conçoit cependant de grandes espérances à ce sujet et elles achèvent d*exalter les esprits. D'un autre coté, le club appelle à lui les adhésions de tous les clubs affiliés pour faire une députation commune en faveur de M. Fauchet. Celui-ci vient aussi de publier uue lettre séditieuse, dont un exemplaire doit être entre les mains de ]\L Vieillard, par laquelle il appelle dans Caen la garde nationale de toutes les campagnes, et quoique l'on ait publié une apparente rétractation de cette lettre, les envoyés du club n'en ont pas moins parcouru tous les villages semant la défiance et la crainte et appelant l'insurrection.., »

Le 29 août le tribunal de Bayeux décréta Fauchet de prise de corps : si cette procédure n'avait pas été directement ordonnée par l'Assemblée elle aurait été bien vite enlevée et brûlée comme celle des destruc-

leurs de la statue de Louis XIV: d'ailleurs, Fauclet neredoutait plus rien; il n'avait pas besoin d*eiciter le zèle de ses partisans, mais de le retenir. Le directoire réclama par deux fois de la municipalité de Caen les procès-verbaux constatant les arrestations d'ecclésiastiques : el!e ne Técouta point. Il menaça, sans plus de succès, de s'en plaindre h r Assemblée. Il était absolument compté pour rien, et les jacobins ne songeaient qu'à satisfaire leur haine contre les catholiques et assurer Félection de leurs candidats ù la future Assemblée. Le prétendu conseil militaire était présidé par l'orateur de la députation qui avait réclamé la procédure au président du tribunal en le menaçant du sort de M. de Belzunce, bravait les ordres du département, Taisait afGcher partout des libelles contre ses arrêtés, et continuait audacieusement le cours de ses infamies.

Beaucoup de familles s'étaient réfugiées h Caen parce que, de l'aveu du département, leurs maisons étaient a ravagées et pillées par des brigands armés se disant gardes nationales.. » Les élections allaient avoir lieu dans quelques jours. Le club des Jacobins affecta d'être inquiet de ce rassemblement d'aristocrates, et, sous la présidence de Fauchet, il convoqua au chef-lieu les gardes nationales du département. Des bandes, armées arrivèrent à Caen en même temps que les électeurs.

Li ville était ainsi terrorisée lorsque le collège électoral se réunit. A peine les électeurs étaient-ils arrivés dans le local où les élections devaient avoir lieu, qu*un ecclésiastique monta à la tribune et les invita à venger Fauchet de ses ennemis. Cette motion fut applaudie. Beaucoup d'électeurs modérés avaient sans doute jugé inutile et dangereux de paraître à un scrutin ouvert dans de telles conditions. Les Jacobins se sentaient les maîtres. Un orateur demanda qu'on chrissàr de l'assemblée électorale les juges qui avaient osé décréter Fauchet. Un autre proposa de les exclure de la députation. lu majorité de l'assemblée courut à la demeure de Fauchet, et le ramena en triomphe au bruit des tambours et d'instruments de toutes espèces. Il s'assit au bureau et fit vérifier ses pouvoirs; mais le décret de prise de corps prononcé contre lui fut signifié a l'instant même au président de l'assemblée électorale. Quelques électeurs soutinrent alors qu'aux termes de la loi Fauchet ne pouvait pas voter; mais on leur répondit par de violentes clameurs. Fauchet fut admis au vote. Plusieurs orateurs pérorèrent avec fureur contre le directoire et le tribunal de Baveux, qui l'avaient persécuté. L'assemblée électorale pour couronner son œuvre donna la présidence à Fauchet. En cette qualité il devait recevoir le serment des électeurs nouvellement arrivés : il leur enjoignit de retrancher du serment la clause de fidélité au roi ainsi qu'il l'avait fait lui-même. Cette suppression ayant excité des murmures, il affirma qu'il existait un décret qui l'ordonnait ainsi ; mais le soir l'assemblée,

qui ne voulait pas aller aussi vite en besogne, lui enjoignit d'ajouter à son serment la clause qu'il avait indûment supprimée.

Enfin, Ton procéda au scrutin, et Fauchet fut élu premier député : Tenthonsiasme de ses adhérents ne connut plus de bornes ; le canon de la citadelle et le bruit des cloches de la ville annoncèrent cet immense bonheur aux citoyens de Caen.

Le directoire écrivit à TAssemblée : » Nous avons Thonneur de vous observer que Ton met une telle précipitation à la nomination des députés que quoique rassemblée électorale fût composée de près de sept cents personnes tous les députés sortent au premier scrutin (1); c'est une convention prise, cinq ont été nommés en un seul jour. Le •projet est de hâter les opérations, afin de prévenir le décret qui pourrait les annuler. Les hounétcs gens, intimidés, se retirent sans voter, et n'osent protester dans la crainte des persécutions... •

Fauchet en était donc venu à ses fins; il avait fait saisir, maltraiter, et jeter en prison ceux qui ne voulaient pas reconnaître son prétendu épiscopat; il avait en outre abattu, humilié ses adversaires politiques et conquis la députation. Dans beaucoup de départements les élections se passèrent avec la même liberté ; ceux qui devaient être plus tard les girondins ne s'étaient pas encore séparés des révolutionnaires les plus exaltés. Ils formaient avec eux les sociétés des jacobins s'associaient à toutes leurs déclamations, à tous leurs attentats contre les personnes privées et les autorités constituées, et de concert avec eux ils allaient faire voter par l'Assemblée nouvelle les lois de persécution les plus odieuses.

(]] Les opérations éleclorales sous les lois de 1791 duraient toujours longtemps.

ti-l» ?u

Page 1