TRAVAUX LÉGISLATIFS DE LA CONVENTION
malheureuse partie de son territoire; la persuasion, la douceur, l'aménité, doivent aussi être les armes dont nous nous servirons avec succès. Malheur à quiconque, répandant inutilement le sang, voudrait ne voir que des ennemis dans les habitants des campagnes ! malheur à qui leur ferait le moindre tort ! mais aussi point de grâce à quiconque, trahissant son de* voir sous quelque prétexte que ce soit, favoriserait l'ennemi. »
Tel allait être désormais le caractère de cette guerre. Le résultat en était certain , tant que les circonstances intérieures et la direction du gouvernement resteraient les mêmes. Mais on ne pouvait se promettre de la terminer promptement. Les guerres civiles, les guerres d'opinion, où la population prend part, ne sont point décidées par le choc de deux armées régulières. Elles ne comportent pas les grandes batailles, ni les victoires foudroyantes des grands capitaines. 11 y faut une patience habile; en voulant réussir par la rapidité et la violence, on éloigne souvent le succès pour avoir voulu l'emporter trop tôt. Avant d'atteindre le terme de la guerre qui a honoré la mémoire de Hoche, et qui Ta placé hors ligne parmi les généraux de la Révolution, il ne fallut pas moins de six mois.
Pendant que la guerre civile désolait de nouveau les provinces de l'Ouest, et que de sanglants désordres continuaient à affliger la Provence, la Convention, pleinement victorieuse des Jacobins de Paris, affranchie de l'opposition factieuse de la Montagne, s'occupait à donner une constitution à la France, et la discutait avec calme. Mais , avant de raconter les