LA CONSTITUTION
taxes somptuaires sur les cheminées , sur les domestiques mâles, sur les chevaux de luxe, sur les voitures suspendues ; les droits d'enregistrement furent augmentés.
La législation financière ne pouvait être que provisoire. C'était une impuissante lutte contre les circonstances révolutionnaires qui anéantissaient le crédit public et privaient l'État de revenus suffisants. On ne pouvait songer à rétablir des impôts de consommation : c'eût été braver une vive impopularité et risquer une rebelle désobéissance. La Convention était condamnée à laisser après elle la pénurie du trésor et le désordre de l'administration ; elle n'entrevit même point la nécessité de soumettre à une comptabilité exacte et à un contrôle supérieur les recettes et les dépenses des départements et des communes. Lorsque finit la République, tout fut à créer dans cette attribution éminente d'un gouvernement quelconque.
Le titre et la division des monnaies métalliques furent réglés par la Convention ; depuis, elles ont souvent changé d'empreinte, mais le système n'a pas varié. Ce fut alors que l'unité monétaire prit le nom de franc.
La Convention, pendant la seconde époque de sa souveraineté , eut surtout pour continuelle occupation la réforme, l'abrogation, l'anathème, la punition de tout ce qu'elle avait fait et voulu depuis la fondation de la République jusqu'au 9 thermidor. Elle avait pour principal et dernier devoir de donner une constitution à la France et de créer des garanties contre le pouvoir qui lui succéderait; des sûretés contre le désordre et contre la tyrannie. Il y avait peu de semaines qu'à