‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 30 sur 109 · RAPPORT DE BOISSY DANGLAS · texte numérisé non relu

RAPPORT DE BOISSY DANGLAS

les hommes féroces n'ont point renoncé à leurs complots. Le peuple a le calme de sa force; s'il est fatigué, du moins veut-il le règne des lois : il vous demande à grands cris une constitution sage et forte.

« Mais c'est une grande entreprise que d'accomplir par la sagesse une œuvre qui , le plus souvent , n'est consommée que par le temps. Nous voulons devancer l'avenir, consultons donc le passé. Ne semble-t-il pas que les six années qui viennent de s'écouler sont six siècles ? Notre révolution ne nous laisse-t-elle pas entourés de ruines ? Ne dirait-on pas que nous voyons partout les traces et les ravages du temps ? Que cette expérience si coûteuse ne soit pas perdue pour nous. Mettons à profit les crimes de la monarchie, les erreurs de l'Assemblée constituante, les vacillations de l'Assemblée législative , les forfaits de la tyrannie décemvirale, les calamités de l'anarchie, les malheurs de la Convention, les horreurs de la guerre civile. »

Alors commençait une revue de toute l'histoire de la Révolution et des fautes qui avaient amené la chute de chacun des gouvernements successivement renversés. L'orateur était sévère pour la monarchie ; il rappelait ses abus, son impuissance à les faire cesser ; les ordres privilégiés résistant à toute réforme et cessant de réclamer la liberté, dès que leurs avantages avaient été compromis.

Il reprochait à l'Assemblée constituante de ne pas avoir proclamé la République, lorsque 'réellement elle avait détruit la monarchie.

— « L'Assemblée législative, par la méfiance qu'elle témoigna constamment à l'autorité royale , donna naissancç aux sentiments sombres et craintifs qui préparaient une autre tyrannie. La guerre , les menaces des

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