RAPPORT DE BOISSY DOUGLAS
puissances étrangères , les espérances présomptueuses des émigrés amenèrent le 1 août. La royauté s'écroula avec le fracas d'un grand édifice élevé et consolidé par les siècles. —«Cet événement, ajoutait Boissy d'Anglas, fut le principe de nos victoires au dehors. » Ce langage doit être remarqué comme signe de l'esprit qui dominait à la Convention. Boissy d'An glas était un des représentant» qu'on pouvait croire le plus favorable à la monarchie constitutionnelle.
— « La gloire de la nation ne devait pas rester pure longtemps. Les premiers instants de la République furent souillés par des scélérats qui voulurent usurper le pouvoir ; ils y employèrent deux moyens puissants : la commune de Paris et la société des Jacobins. Là furent délibérés les massacres de septembre , destinés à établir le règne du crime et de la Terreur. »
L'histoire des convulsions intérieures de la Convention, le 31 mai, la proscription des Girondins, conduisaient l'orateur à la constitution de 1793. Comme il s'agissait de la détruire et de déchirer ce drapeau de l'insurrection, un examen sérieux devenait nécessaire.
— « Les représentants de la France étaient asservis ; la République entière le fut bientôt. La liberté sembla à jamais perdue. Alors par une atroce dérision les conspirateurs firent paraître en quelques jours un ouvrage informe décoré du nom sacré de constitution, et le présentèrent à la sanction d'un peuple qui n'était plus libre. 11 leur fut facile d'obtenir par la corruption, la force et la terreur, un simulacre d'acceptation ; puis se jouant de leur propre ouvrage, ils le reléguèrent dans le silence et dans l'oubli ; sous le nom de gouvernement révolutionnaire, ils organisèrent la plus exécra-