‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 51 sur 109 · NÉGOCIATION POUR LA DÉLIVRANCE DE MADAME ROYALE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATION POUR LA DÉLIVRANCE DE MADAME ROYALE

La proposition de Chénier fut adoptée au milieu des applaudissements.

11 était évidemment d'une bonne et sage politique de ramener autant que possible l'opinion qui se montrait irritée et hostile. Au moment où elle repoussait la prétention des conventionnels à perpétuer leur pouvoir, il importait de ne point donner prétexte à croire et à proclamer que le gouvernement inclinait aux terroristes et aux Jacobins.

La mort de Louis XVII avait inspire un sentiment général d'horreur et de pitié, et dès lors l'opinion publique avait commencé à s'occuper avec lin vif intérêt de la fille de Louis XVI, encore prisonnière au Temple. Nulle destinée ne pouvait être plus touchante. Déjà elle était, ce qu'un sort cruel Ta condamnée à être pendant sa vie entière, l'héroïne du malheur. Personne ne pouvait songer sans attendrissement à cette royale orpheline, enfermée, seule maintenant, dans la prison d'où son père, sa mère et la sainte M me Elisabeth n'étaient sortis que pour monter sur l'échafaud. La Convention venait d'y laisser périr son frère par un supplice plus lent. N'était-elle pas exposée à la même fin? Que ne pouvait-on pas attendre de ceux qui avaient vu , sans regret et peutêtre avec satisfaction, achever le crime projeté et commencé par Hébert et Chaumette? Cette crainte s'ajoutait à l'émotion profonde que ressentaient tous les cœurs que n'avait pas endurcis le fanatisme ou la politique révolutionnaires. Dix jours après la mort de son frère, une pétition, signée d'un grand nombre d'habitants d'Orléans, fut présentée à la Convention pour demander que l'orpheline du Temple ne restât

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