‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 58 sur 109 · ARRÊTÉS DE LA SECTION LEPELLETIER · texte numérisé non relu

ARRÊTÉS DE LA SECTION LEPELLETIER

Tallien avait moins de modération et moins d'amour de la liberté. Il remarqua qu'une assemblée primaire ne pouvait avoir dans ses attributions les mesures de salut public, et qu'en droit la souveraineté du peuple ne pouvait être exercée par une très-petite fraction du peuple. En même temps il se montra trop alarmé des périls de la Convention et de la République. Quoi qu'il en dît, tout se passait avec une complète tranquillité dans les assemblées des sections. Il termina en demandant, non pas la permanence de l'Assemblée, mais une séance du soir.

Dans cette séance, Daunou, au nom des comités de gouvernement , donna connaissance à la Convention d'un nouvel acte de la section Lepelletier. Elle avait délibéré que la proposition serait faite aux quarantesept autres sections de nommer chacune un délégué , afin de former un comité central chargé, de rédiger une déclaration authentique des sentiments des citoyens de Paris.

Les comités voyaient dans cet arrêté de la section une coupable et monstrueuse usurpation, -r- « Un comité central , disait le rapporteur, n'est propre qu'à préparer des journées affreuses, telles que le 2 septembre ou le 31 mai,» — Toutefois il attribuait la conduite de la section Lepelletier à l'égarement d'un sentiment pur. — « L'amour de la liberté peut avoir ses erreurs. » —Les comités proposaient un décret qui fut adopté sur-le-champ. La formation d'un comité central composé de commissaires nommés par plusieurs assemblées primaires était déclarée un attentat contre la souveraineté du peuple et la sûreté intérieure de la République. Le ministère public était chargé d'en poursuivre la punition devant les tribunaux. Les ci-

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