‹ Histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 97 sur 109 · SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

SITUATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

pour l'intérêt bien entendu de son œuvre constitutionnelle que la Convention avait combattu.

En mettant, après trois ans, un terme à son pou* voir souverain , la Convention laissait la France divisée entre deux factions irréconciliables , mais elles étaient l'une et l'autre lassées et découragées. Leur lutte devait toutefois continuer, moins violente peutêtre, mais obstinément implacable.

Les uns, ennemis de la Révolution républicaine, ' s'apprêtaient à user des libertés constitutionnelles pour expulser du pouvoir les exécuteurs testamentaires de la Convention; pour les désarmer de leurs lois d'exception et de proscription ; pour faire disparaître des emplois publics l'aristocratie éphémère née dé la République.

Les autres, c'est-à-dire la grande masse du parti jacobin, devaient nécessairement se mettre à la suite du Directoire; il était des leurs; sauf la prudence et la mesure que des gouvernants sont obligés à plus ou moins observer, les directeurs restaient les chefs et les patrons des Montagnards : ainsi toutes les places allaient leur être données et la plupart n'étaient pas disposés à vouloir autre chose. Plus irritables encore par l'amour-propre que par l'intérêt, ils avaient aussi la satisfaction d'être à l'abri des réactions et de ne redouter ni les persécutions, ni les injurieuses amnisties.

Mais il y avait un fond de Jacobins fanatiques, exaltés par de chimériques idées, résolus à détruire, non pas seulement la société de l'ancien régime, mais toute société civilisée ; ceux-là , enrôlés dans des sociétés secrètes , s'occupaient déjà à conspirer. Us ne devaient trouver ni mollesse dans la répres-

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