LEVÉE DU SIÈGE DE HAYEMGE
Rhin était commandée par un général qui n'attendait pour accomplir sa trahison que le moment où il serait certain d'y réussir. Telle était la situation militaire que la Convention léguait à la République directoriale.
Mais un plus funeste héritage , ce fut la politique qu^elle venait d'adopter et qui devait avoir une longue durée. Elle avait repoussé les chances d'uue négociation qui aurait terminé la guerre avec honneur et même avec éclat ; qui pouvait même donner la frontière tant désirée; qui eût placé la République dans une position forte et compatible avec l'équilibre européen. Dans son enivrement d'orgueil démocratique ^ dans son désir d'établir sur l'Europe la domination de la France révolutionnaire, le gouvernement conventionnel n'avait admis d'autre base de traités qu'une paix dure^ imposée par un vainqueur inexorable : conséquemment une de ces paix qui renferment en article secret l'espoir de la revanche et de la vengeanée.
Cette politique sans prévoyance renfermait vingt années de guerre; elle devait, après tant et de si merveilleux triomphes, avoir pour dernier terme la perte de toutes les conquêtes ^ dont il ne nous est resté que la gloire, et la restauration monarchique que les révolutionnaires redoutaient plus encore que nos désastres.