LES SECTIONS SE PBÉPARBMT A COMBATTRE
Tout se fit sans direction, sans plan, sans disci* pline.
L'imprévoyance de ceux qu'on nommait conspirateurs était si grande, qu'ils n'avaient pas même pensé à choisir un général; ce fut la section du Théâtre- Français qui désigna un officier général nommé Da- . nican. 11 avait fait la guerre de la Vendée; mais comme les représentants Levasseur et Francastel furent mal satisfaits de son penchant à la modération, ils le destituèrent. Carnot le sauva du tribunal révolutionnaire. Peu de temps avant le 13 vendémiaire, il commandait à Rouen et venait de donner sa démission en protestant contre les décrets, lorsqu'ils avaient été présentés au vote de l'armée. Dans la nuit du 1 2 au 1 3, la section du Théâtre-Français, qui devait être cernée en même temps que la section Lepelletier, avait appelé Danican au commandement de son bataillon! Il arriva à temps pour défendre le Pont-Neuf. Sans le moindre combat, grâce à sa fermeté et après avoir parlementé, il décida les colonnes républicaines à se retirer. Quoi qu'on en pût dire à la Convention, la troupe et la plupart des officiers n'étaient point portés de bonne volonté à tirer sur les citoyens, ni à faire la guerre des rues.
Ce fut donc seulement le 13 au matin que le comité central, réuni à la section Lepelletier, nomma Danican général des sections.
Son avis fut de rester sur la défensive , et de combattre dans chaque quartier les colonnes que la Convention y enverrait. On n'avait ni canons , ni munitions, ni même de vivres. Les succès de la veille auraient dû enseigner que c'était la marche la plus raisonnable; ils avaient, au contraire, inspiré une
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présomptueuse témérité. On n'écouta point Danican , tant on se flattait que les soldats ne tireraient pas sur leurs concitoyens. Ainsi le général qu'on venait de choisir commença par inspirer quelque méfiance, ce qui n'ajoutait point à son autorité, déjà si incon>plète. De son propre aveu, il était fort mal résolu et n'avait pas bonne espérance. Peut-être n'était-il pas habile ; mais assurément il n'avait pas le courage de la décision '.
Cette nuit fut employée pour la défense de la Convention mieux que pour l'attaque dont les sections formaient le projet. Menou fut mis en arrestation ; trois des généraux qui servaient sous ses ordres furent destitués : Barras se constitua^ de fait comme de droit, général en chef. Mais il n'avait nulle expérience ni de la guerre ni du commandement. Il retrouva dans les bureaux du comité de salut public un général dont il avait pu reconnaître le talent et le caractère au siège de Toulon. Le général Bonaparte , lorsqu'il était venu à Paris réclamer contre la privation de son grade, n'avait trouvé ni protection ni souvenir dans Barras ou Fréron. Ce n'étaient pas eux qui l'avaient défendu contre Aubry; ce n'étaient pas eux qui avaient conçu de lui une grande idée. Pontécoulant, puis Le Tou^ neur de la Manche lui avaient accordé toute leur confiance , et il était devenu spécialement chargé de diriger les opérations de l'armée d'Italie. Ainsi , il avait été^ d'abord sans titre officiel^ ensuite comme attaché au bureau militaire , placé sous les ordres du comité de salut public.
Lorsque le général Hoche fut appelé à remplacer
' Mémoires de Danican.