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iet i 795 ; je trouvai le pays entièrement subjugué par les adversaires des patriotes qu'on avait mis en fuite ou en prison. Ceux qui dominaient à Tarascon, non contents d'avoir fait périr à deux reprises différentes un grand nombre de prisonniers ^ résolurent de les achever tous pour célébrer à leur manière l'anniversaire de la mort de Robespierre.
« Les prisonniers se barricadèrent et les assassins qui s'étaient introduits pendant la nuit, craignant d'être surpris par la garde quand le jour serait venu, se contentèrent de faire payer une rançon aux prisonniers ; mais ils préparèrent tout pour mieux réussir pendant la nuit suivante. Les parents des détenus vinrent en pleurant me supplier de les sauver. Je n'avais à ma disposition que cinq dragons. La procession du 9 thermidor était encore dans les rues , je pariai aux officiers municipaux. Je ne me doutais pas des périls auxquels je m'exposais : je me vis tout à coup assailli de propos injurieux et menaçants que m'adressaient les sicaires dont j'étais entouré : — ce Quoi ! celui-ci vient pour protéger ces scélérats de terroristes, il ne vaut pas mieux qu'eux , il faut nous en défaire. » — Heureusement les municipaux étaient des prévenus d'émigration que j'avais fait rayer de la liste. Ils se déclarèrent ouvertement pour moi et contre les vociférateurs; ils me promirent de faire transférer leà détenus dans d'autres prisons y hors de Tarascon, et de veiller à ce qu'il ne leur fût fait aucun mal. Je leur avais dit avec courage que la Convention ferait un exemple sur la ville si elle continuait à égorger des hommes sans défense placés sous la protection des lois. Ainsi cette ville qui avait si mal commencé finit assez bien. On ne