CRIMES DS LA RÉACTION DANS LE MIDI
maltraita plus les prisonniers et on les tira de Tarascon. n
Pea de temps après , Isoard obtint le même succès à Marseille et parvint à faire échouer une tentative renouvelée pour massacrer les prisonniers.
Biais la Convention et ses commissaires n'avaient pas une conduite assez ferme, ne prenaient point des mesures assez répressives pour faire cesser complètement les désordres qui ensanglantaient les départe* ments méridionaux ; les coupables n'étaient point traduits en justice ; on gardait des ménagements en« vers l'opinion qu'ils professaient en la déshonorant; on jetait un voile sur leurs crimes, en tâchant même d'éviter la publicité ; presque tous les détails de cette terreur de la réaction, qui régna dans une partie de la France , ont été connus seulement , lorsque les vaincua redevenus les plus forts quelques mois après, les publiant en les exagérant et recommencèrent à leur tour à être cruellement persécuteurs. Toutefois le mal diminua et les exemples de meurtres devinrent beaucoup moins fréquents.
C'était le 1*^ prairial et les conspirations jacobines qui avaient mis la Convention dans cette disposition d'indulgente faiblesse pour les crimes commis contre le parti terroriste. La majorité appartenait en ce moment aux modérés, aux détenus et aux proscrits rentrés dans l'Assemblée depuis le 9 thermidor. La Montagne avait été décimée; les républicains politiques attendaient que le cours probable des événements leur donnât une force suffisante pour dompter la réaction; ils voulaient établir un gouvernement régulier dont ils prendraient possession et placer ainsi le pouvoir entre leurs mains.
Pendant que la Convention continuait ainsi à réduire les Jacobins à l'impuissance, et commençait à discuter cette constitution qu'elle annonçait comme le remède à tous les maux, la guerre civile se rallumait dans les provinces de Touest; pour parler plus exactement, elle n'avait pas cessé un seul jour en Bretagne. Le général Hoche n'avait jamais cru à la réalité de la pacification ; il s'était ainsi trouvé en dissentiment avec les nombreux représentants dont le comité de salut public avait couvert la Normandie et la Bretagne ; chacun d'eux ne voyait que la situation et les intérêts de la ville ou du district où il était en mission : les uns étaient mécontents du peu de ménagements que le général avait montré aux chefs de chouans; les autres n'étaient pas éloignés de croire qu'il trahissait lorsque, pour elécuter un mouvement qui lui semblait nécessaire , il laissait tel ou tel canton moins défendu contre les brigandages des chouans.
Au moment où les représentants avaient enfin réussi à obtenir la signature des principaux chefs, vers la fin d'avril 1 795, le général Hoche s'était cru en complète disgrâce ; il écrivait à un de ses amis : — « Je suis las d'être sans cesse ballotté. Né républicain, je veux vivre tel, et ne pas être soumis au caprice des circonstances. Qu'il vienne mon successeur, il aura de la besogne. Sachez à quoi on me destine, et quels reproches on me fait ; est-ce d'avoir dit la vérité ? je la dirai toujours. Hélas ! il y a un an, j'étais au fond d'un cachot bien humide pour l'avoir dite : cela ne m'a point corrigé. »
S' adressant aussi à Lanjuinais et à Defermon, il leur disait : — et La carrière où vous allez entrer, et les événements qui surviendront dici à six mois, vous
mettront peut-être dans le cas de chercher quels sont les ennemis de la patrie. Lorsqu'il faudra défendre les lois, rÉtat ou la vertu opprimés par le crime, je serai toujours du nombre, et je retrouverai mon épée que je vais déposer avec une sorte de plaisir. Puissiezvous être les maîtres de faire le bien que. vous désirez. »
Le comité n'avait point destitué le général Hoche ^ mais il avait divisé son armée en deux. 11 commandait seulement l'armée des côtes de Brest en Bretagne, et Aubert Dubayet l'armée des côtes de Cherbourg qui était cantonnée en Normandie et dans le Perche. Son collègue crut devoir lui communiquer quelques informations.
— (c Nous ne devons pas nous dissimuler que malgré la pacification il restera longtemps dans ces cou* trées des bandes de voleurs et d'assassins : ce sont les suites ordinaires de toutes les guerres civiles. Je vais vous expliquer le genre de guerre que nous font ces bandes composées de voleurs, de contrebandiers, d échappés des galères, de déserteurs, de prêtres et d'émigrés.
« Réunis sous des chefs qui sont ordinairement du pays, les chouans se répandent imperceptiblement partout, avec d'autant plus de facilité qu'ils ont partout des agents et des^amis ; qu'ils trouvent partout des vivres et des munitions, soit de gré, soit de force. Leur principal objet est de détruire les autorités civiles; leurs manœuvres, d'intercepter les convois, d'assassiner les patriotes des campagnes, de désarmer nus soldats lorsqu'ils ne peuvent les embaucher, d'attaquer nos cantonnements, nos postes ou nos dé* tachemenls lorsqu'ils sont faibles, enfin de soulever