‹ Histoire de la convention nationale (volume 5)Chapitre 1 sur 81 · LES TERRORISTES MAITRES DE TOULON · texte numérisé non relu

LES TERRORISTES MAITRES DE TOULON

pire encore, on ne triomphait de la faction révolutionnaire, encore si formidable et si exaltée, qu'en laissant une réaction aveugle et passionnée se livrer à toute l'ardeur de la vengeance.

Les Jacobins étaient maîtres de Toulon depuis le jour où Brunel, désespérant de leur résister, s'était donné la mort. Son collègue Riou réfugié en rade, sur l'escadre, avait réussi à maintenir la marine dans le devoir. Un autre représentant, Chiappe , après avoir couru de grands dangers, avait réussi à sortir de la ville. Les insurgés, enivrés de leur succès, parlaient déjà d'envoyer une armée de vingt-cinq mille hommes à Paris pour rétablir le règne de la Montagne. Ils auraient recruté sur leur route, et massacré tous ceux qui n'auraient pas voulu se joindre à eux. Ils se dirigèrent d'abord sur Marseille.

Une terreur panique s'y répandit; on croyait que cette troupe de bandits allait arriver pour mettre la ville à feu et à sang. Le représentant Chambon avait peu de troupes à sa disposition ; il fit une proclamation, et parcourut les divers quartiers de Marseille, encourageant les citoyens à marcher contre les brigands. Il eut recours aux jeunes gens de la compagnie du Soleil , qui était en Provence ce que la compagnie de Jésus était à Lyon.

En même temps Isnard , qui était parti de Paris , s'arrêtait en passant à Aix, pour mettre cette ville en mouvement contre les rebelles. Du balcon de son auberge, il haranguait le peuple; dans son langage déclamateur, il s'écriait : — « Si vous n'avez pas de fusils, eh bien, déterrez les ossements de vos pères et servezvous-en pour exterminer tous ces brigands. »

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