‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 50 sur 108 · G4 ÉTAT DES ËSPKITS APRÈS LE 31 MAI · texte numérisé non relu

G4 ÉTAT DES ËSPKITS APRÈS LE 31 MAI

mécontentement ne suffisait point pour la rallier sous le drapeau des Girondins. Les amis de la monarchie ne pouvaient avoir ni estime y ni confiance pour les hommes qui réclamaient sans cesse Thonneur de l'avoir renversée au 1 0 août. Les parents des émigrés n'oubliaient point qu'il n'y avait pas une mesure de rigueur y pas une loi de sang, qui n'eût été proposée ou votée par cette faction. Les familles religieuses, dont le nombre était grand y se souvenaient de l'ardente persécution des prêtres. Les Girondins avaient voté la mort du roi ; ils avaient pris part à rétablissement du tribunal révolutionnaire; en toute occasion, hormis quand ils avaient vu que leur perte était jurée, ils avaient fini par céder docilement à la Montagne. Toutefois, en ce dernier moment, on avait applaudi à leurs efforts ; on avait été reconnaissant par avance du succès dont ils donnaient l'espoir.

Ainsi aucun lien ne réunissait les mécontents; aucune organisation ne pouvait en composer une force compacte , ayant confiance dans sa masse. Pour assembler des citoyens les armes à la main, pour les déterminer à sacrifier leur vie ou leur fortune, il eût fallu l'espoir d'un lendemain; il eût fallu que leurs opinions fussent unies par un même symbole, par un même mot d'ordre. Or, quel pouvait être le moyen de transiger avec les illusions républicaines des Girondins, avec leur vaniteuse ambition; eux-mêmes ne semblaient pas vaillants à combattre pour leur propre cause ; leur courage de tribune ne s'était jamais traduit en action. Au 31 mai, ils s'étaient presque tous absentés de la séance ; sans doute ils y auraient couru de grands périls , mais s'y dérober ce jour-là n'était pas même un moyen de se sauver.

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