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LA CONVENTION APRÈS LE 31 MAI

Ils étaient donc vaincus. Soit imprévoyance^ soit dissentiment d'opinion , ce qui leur était trop habituel , aucune résolution commune ne détermina leur <x>nduite; les uns quittèrent Paris^ d'autres s'y tinxent cachés; plusieurs et des plus notables se soumirent au décret d'arrestation; il y en eut qui, ne se trouvant pas sur la liste y revinrent aux séances.

A en juger seulement par la situation où se trouva ' \ ''Assemblée le lendemain de la séance du 2 juin , -C^ute espérance pouvait ne pas être perdue pour le ;2>arti modéré. Le décret évidemment n'avait pas été -^roté par une réelle majorité; à l'ouverture de la* iB^ance, tout un côté de la salle était dégarni. Les ânes maintenants déserts, où siégeaient ces orateurs oquents, ces hommes d'esprit dont la renommée lionorait la Convention , ofifraient un aspect de tristesse. Les Montagnards eux-mêmes ressentirent cette impression'; la consternation et l'effroi pesaient sur* V Assemblée.

Le comité de salut public presque tout entier aurait ^oulu trouver quelque transaction, comme les démissions volontaires ou une abstention provisoire. Barère, Cambon, Bréard, Delmas, n'étaient point rassurés sur les projets de Robespierre , de Danton et de Mankt. On continuait à parler du fils de Louis XVI ; Marat en haranguant des hommes groupés dans la rue qu'il excitait contre la Convention, leur avait dit le 2 juin : ^ Ces gueux4à ne peuvent vous sauver, il vous faut un roi! » Ce propos lui était assez habituel, et lorsqu'on lui demandait: «Qui donc sera roi? » il ré-

* Mémoires de I^evasseur,

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