RAPPORT DE BARÈRE
comité m'a chargé de vous présenter.. L'opinion que Is France prendra et le jugement qui sera porté d'aprè les lois sur les inculpations politiques dirigées contn les membres détenus , sont des choses encore incer taines. C'est à la France entière qu'appartient ai tel jugement. Eh bien! le coipité vous déclare qu'ei attendant que la France prononce dans ce grand pra ces f il est digne de votrç dévouement de lui oflGrû une espèce de garantie personnelle, de lui donner dei otages. Quelque persuadés que vous soyez que h France y juge unique et souveraine, ne désavouer point votre jugement, vous n'en devez pas moins pour vous-mêmes et pour le salut de la patrie, prendn cette mesure; elle est juste, elle est donc nécessaice elle a de la grandeur, elle doit donc vous plaire. Cetb mesure est généreuse, elle est donc propre à touche une nation, qui peut se croire outragée, mais qui es magnanime. Votre comité de salut public ne découvre pas d'autre moyen de sauver la France*. .. »
Tous les membres du comité s'offraient les prc miers pour otages ; en même temps Barère proposai la suppression des comités révolutionnaires : il étai défendu aux autorités de les reconnaître et aux ci toyens de leur obéir ; la Convention se résiervai le droit de requérir directement la force armée; ui autre commandant général serait élu par les 3ections le signataire de l'ordre qui avait suspendu le dépai; des malles-poetes serait puni de huit années de (^» enfin il serait envoyé aux départements, dont les dépûtes étaient détenus, un nombre égal d'otages prii dans le «ein de la Convention.
A entendre ce rapport et ces Conclusions, il semblait que^ dans La journée du 2 juin^ Henriot et h
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c^omité d'insurrection avaient été vaincus. Danton 2i.ppuya les propositions de Barère^ mais froidement; CIk>uthon se montra plus animé et s'offrit pour être envoyé en otage à Bordeaux.
Le rapporteur avait indiqué, en termes généraux,
les motifs de tant de modération et de générosité. Les
x:iouvelles des départements étaient alariliantes. De*
puis le 29 de mai, les partis étaient en guerre ou-
^verte ; à Lyon on se battait dans les rues, et le succès
n'était point favorable à la municipalité jacobine;
IMarseille continuait à rester indépendante du joug
irévolutionnaire. Une insurrection royaliste éclatait
dans la Lozère; le Jura était en rébellion contre les
commissaires de la Convention. Le bruit était répandu
qu'en apprenant la séance du 27 mai Bordeaux en-
vr oyait dix mille hommes pour défendre ces députés.
Quelques membres du côté droit de la Convention
atiraient déjà quitté Paris.
Deux jours après, la discussion s'ouvrit sur le rapport de Barère. Robespierre se déclara ouvertement Contre les propositions du comité de salut public : l'état des départements exigeait, selon lui, une conduite tout opposée ; la Convention ne pouvait consentir au triomphe de l'aristocratie et de la contreévolution, qui auraient ensanglanté Paris sans i ^insurrection simultanée d'un peuple immense^ L'As* Semblée elle-même avait déjà reconnu la nécessité de cette insurrection. Il prit la défense des autorités^ que le peuple avait lui-même établies à Paris, et qui, mieux qu'aucun autre pouvoir, sauraient maintenir ià tranquillité publique. c( Est-ce donc au moment où vous n'avez pas assez de vertu, de sagesse et d'énergie
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pour dompter les ennemis intérieurs et. extérieurs de la liberté que vous devez, chercher à comprimer le zèle, Teffervesoence même du patriotisme? »
Le maintien et le développement de ce régime révolutionnaire étaient le but principal du discours de Robespierre. 11 savait bien qu'en laissant le pouvoir à la commune y en ne lui ôtant point la disposition de la force armée^ elle resterait maîtresse de Paris et de la Convention : il lui importait donc de gagner ce point; par là était confirmée la révolution du 31 mai, qui lui semblait menacée. 11 parut donc attacher peu d'importance à la question qui touchait le plus l'Assemblée et pouvait rendra la majorité douteuse.
<( Si vous renoncez au projet d'accorder le triomphe aux ennemis de la liberté, si vous donnez au mouvement révolutionnaire du peuple les suites qu'il doit avoir, examinez TaiTaire des députés détenus, ouvrez la discussion, et prenez à leur égard les mesures que votre sagesse vous dictera.... Quant aux prétendus otages, je ne crois pas que cette idée mérite la discussion. »
Barère insista sur les conclusions de son rapport et fit renvarquer que la commune ^e Paris avait ellemême proposé de donner des otages. La discussion se prolongea : l'opinion de Robespierre était conforme aux vœux de la Montagne. Diverses propositions plus pu moins éloignées du projet de Barère étaient présentées. L'heure était avancée : la séance durait depuis plus de huit heures; Danton demanda le renvoi au comité de salut public : il fut convenu qu'un nouveau rapport serait présenté le lendemain.
Le comité, la Montagne, Robespierre même ne réclamèrent point le renouvellement de celte discus-