‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 63 sur 108 · ASSEMBLÉE DE RÉSISTANCE A ÇAEN · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DE RÉSISTANCE A ÇAEN

vaient songer à compromettre leur vie, leur famille et leur fortune pour donner le pouvoir àfirissot, au lieu de Danton, qui se vantaient^ Tun comme Tautre, d'avoir fait le 10 août et conduit le roi à Téchafaud. Un assez grand nombre de jeunes gens qui , de Paris ou de Rouen, seraient venus avec ardejytr combattre sous le drapeau blanc, n'y pensèrent plus , lorsqu'ils virent pour quelle cause ils auraient à se dévouer. Lorsque rassemblée de la résistance fit ouvrir un registre pour recevoir les enrôlements volontaires, dix-sept signatures seulement y furent inscrites.

Alors on songea à se donner pour défenseurs une association d'hommes de désordre, qui avaient ^uré, à Caen, dans tous les troubles depuis les premiers temps de la Révolution , et qui étaient bien plus portés par leurs habitudes et leurs penchants à servir de soldats 9UX anarchistes. Ils se nommaient les Carabots. L'assemblée les passa solennellement en revue et leur donna un drapeau qu'ils jurèrent de défendre jusqu'à la mort.

Les départements de la Bretagne étaient bien plus disposés à commencer une guerre civile. Déjà, pour défendre l'opinion rqyàliste et pour atteindre un autre but, des insurrections partielles avaient éclaté dans cette province. On attendait à Caen les bataillons d'IUe-et-Vilaine et du Morbihan. Le mouvement dé ces populations avait paru si grave et si décisif à trois conventionnels en mission, qu'ils s'étaient, dans leur correspondance avec le comité de salut public, associés aux vives improbations que les administrations locales faisaient retentir contre le 31 mai et ses auteurs. Afin de conserver la confiance qu'ils avaient obtenue dans les départements insurgés, ils firent

riN D£ LA RÉBELLION. 191

même imprimer et afficher une lettre qu'ils avaient écrite au comité, et qui semblait un manifeste contre la Convention subjuguée par Les vainqueurs de Témeute. Merlin de Douai , Gillet et Cavaignac étaient les signataires de- cette pièce.

Wimpfen, qui avait si vaillamment défendu Thionville, était général en chef de Tarmée des côtes de Cherbourg. Il épousa avec empressement la cause de larésistance, et fut choisi pour diriger les opérations militaires. Wimpfen avait été membre de l'Assemblée constituante et appartenait à Topinion royaliste et constitutionnelle; l'armée qu'il commandait n'existait que de nom et il n'apportait d'autre avantage que sa renommée et son courage. Le ministre de la guerre sot la position qu'il avait prise, et le manda aussitôt à Paris. 11 répondit qu'il y viendrait à la tète de soixante mille hommes.

S'il avait eu quelque scrupule , Romme -et Prieur, qu'il alla visiter dans leur prison, auraient rassuré sa conscience. Us lui dirent que la nouvelle déclaration des droits de l'homme, proposée par Robespierre, portait qu'une portion du peuple a le droit de s'insnrger contre l'oppression : puisque les citoyens du Calvados se croyaient opprimés, il leur était licite de s'insurger contre les oppresseurs.

Le général Wimpfen avait pour chef d'état-major le marquis de Puisaye, un de ses collègues de l'Assemblée constituante, etile même opinion que lui* 11 le chargea de se rendre à Evreux pour y commander les volontaires ou gardes nationaux qu'on y pourrait réunir. C'était comme l'avant-garde d'une armée qui n'était pas encore formée.

Page 1