‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 82 sur 108 · ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES

nos ennemis^ ou qu'ils nous détruisent; la masse du. peuple doit les écraser sans ressource de son poids et-^ de sa volonté. » — « Montagne sainte, soyez le Sinaf de la France : agitez-vous et tressaillez à la voix du peuple; devenez un volcan, dont les laves brûlantes calcinent les cœurs où se trouve encore l'idée de la royauté. » -r- w Plus de quartier , plus de miisérioorde aux traîtres. >> -^« Non ! non ! » s'écriait-on à la fois dans la salle et dans les tribunes. — « Jetons entre eux çt nous la barrière de Téternité. >? — « Le jour de la justice, le jour de la colère est venu ^ les patriotes des départements, le peuple de Paris en particulier, ont montré jusqu'ici assez de patience. » — « Un immense rassemblement s'est formé ce matin dans la Maison commune et sur la place; un seul vœu a été proclamé et nous vous l'apportons : (( des subsistances,, « et pour en avoir, force à la loi. >) — « En conséquence, nous sommes chargés de vous demander là formlation de l'armée révolutionnaire; vous l'avez déjà décrétée, mais l'intrigue et la frayeur des coupables l'oùt fait avorter. Que cette arméa; forme son noyau à Paris ; que dans les départements qu'elle parcourra, «lie se grossisse des véritables républicains; qu'elle soit suivie d'un tribunal incorruptible et de l'instrument fatal qui tranche d'un seul coup les complots et les jours de Içurs auteurs; qu'elle force l'avarice à regorger les richesses de la terre, nourrice inépuisable de ses enfants ; enfin ^ que cette armée soit composée de manière à pouvoir laisser dans toutes led villes une force suffisante pour comprimer les malveillants. Hercule est prêt : remettez dans ses robustes mains la massue qui purgera la terre de la liberté de tous les brigands. »

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Robespierre présidait la Convention , il répondit : <yQue les bons- citoyens fassent un dernier effort; la terre de la liberté ^ souillée par la présence de ses ennemis 9 va en être affranchie aujourd'hui; leur arrêt de mort est prononcé; demain^ l'aristocratie cessera d'être. »

Chaumette demanda à ajouter une demande moins sangyinaire; il voulait que tous les jardins fussent cultivée en légumes utiles. Pour commencer, les Tuileries devaient être débarrassées des statues, fleurs de lis en buis et autres objets, aliments du luxe et de l'orgueil des rois, qui feraient place aux plantes médicinales nécessaires aux hôpitaux.

Le rassemblement y dont avait parlé Chaumette, défila ensuite dans la salle; elle fut bientôt remplie de citoyens et de citoyennesqui criaient : « Vive la repulilique ! guerre aux aristocrates ! guerre aux. accapareurs ! w

La Montagne se hâta, par sympathie ou par obéissance, d'insister pour que, séance tenante , toutes les mesures fussent prises, afin de former sans délai l^armée révolutionnaire*

« Nous devons espérer, disait Billaud-Varennes, que les malveillants vont disparaître de la surface de la fterre. Oui, il est temps, il. est plus que temps de fixer ie sort de la Révolution. Les malheurs du peuple eialtent son énergie et nous mettent à même d'extercniner nos ennemis. Les mesures qu'on propose ne ^ont pas suffisantes. » Il y ajouta l'arrestation de tous 1^8. gens suspects qu'avait déjà demandée une dépu- Lationj des délégués des assemblées primaire^, et sur Laquelle Danton avait insisté ; il se plaignit du peu ^^adivité des administrations^ Il fallait prononcer la

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peine de mort contre tout administrateur qui néglige rait d'exécuter une loi quelconque*. — « Si les révolu tions traînent en longueur, c'est parce qu'on né prendl jamais que des demi-mesures. » — « Écrasons les ennemis de la Révolution ; le sort du peuple est affermi ^ la liberté est sauvée. » Léonard Bourdon insista plu» spécialement sur le tribunal qui devait accompagneir l'armée révolutionnaire; il devait être chargé, selon, lui, d'arrêter les malveillants et de les juger d^uis le» vingt-quatre heures.

La majorité de la Convention n'était pas encore préparée à . sanctionner une telle mesure; sa marché était rapide, mais elle était • toujours devancée pai* la commune, les sections et les Jacobins* Romm^ demanda la question préalable sur les tribunauxambulants; on y renonça, et Billaud consentit qu^ l'Assemblée déclarât seulement : c( Il y aura une armé^ révolutionnaire; le ministre de la guerre présentera, séance tenante, le mode de son organisation. »

Le cotnité de salut public sollicita un délai de quelques heures pour mûrir et méditer de si graves dispositions.

(c 11 sers^t bien étonnant, répondait BillaUd, qu'on s'amugfât à délibérer. » Les Montagnards passionnés avaient été mis en effervescence et n'écoutaient pas les YèvôiDtioDinaires prudents et politiques. Gaston de l'Ariége proposait que les sections de Paris fussent mises* en permanence, qu'oîi fermât les barrières, qu'on incarcérât tous les mauvais citoyei^s.'

Bazire était de ceux qui s'effrayaient quelquefois de l'essor insensé où. se laissaient emporter ses amis. U représenta que la population à^ Paris n'était point telle qu'on la supposait. Le mécontentement était général ;

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