‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 81 sur 108 · ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES

la destination était de ravager le territoire et de massacrer les citoyens.

Appelés illégalement par des sociétés populaires et des représentants en mission , ces rassemblements de sans-culottes avaient reçu un commencement d'existence licite. Un décret présenté par Danton et qui fut voté avec acclamation le 5 avril y au moment de la défection de Dumouriez , était conçu en ces termes : c< Il sera formé dans chaque grande ville une^ garde de citoyens choisis parmi les moins fortunés. Ces citoyens seront armés et salariés aux frais de la république. »

Alors fut établie Tarmée révolutionnaire de Lyon, dont les excès amenèrent la révolte et la guerre-civile; alors furent recrutées les bandes j qui sous les ordres d'Henriot, cernèrent la Convention et firent le 31 mai. Plusieurs autres villes furent en proie à ce fléau.

Jusqu'au 31 mai la Convention ne songea plus à cette mesure. Son exécution était livrée au hasard des discordes civiles, qui , à ce moment, troublaient déjà les départements. Les Jacobins et les sections se plaignaient vivement que les dispositions promises par le décret , et qui devaient en régler Texécution, ne fussent pas encore prescrites par une loi.

Le 2 juin, au milieu du tumulte de la séance , qui se termina par Tarrestation de trente-sept représentants, pendant que la Convention délibérait sous la consigne d'Henriot, un nouveau décret fut rendu sans délibération, ou plutôt, fut inscrit au procèsr verbal; il'ratifiait ce que venait de faire la commune de Paris, et rendait légale une mesure que les Girondins avaient dénoncée comme usurpation de pouvoirs.

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(c L'armée soldée , décrétée le 5 avrils sera de si: mille hommes pour Paris ; — tout citoyen ne pourr: y être admis que sur un certificat de civisme de s; section; — la solde sera de quarante sols par jour;

aucun citoyen en état de réquisition ou en activité de service, n'y sera admis. »

Soit qu'il n'y eût nul empressement à s'enrôler dans ce corps , soit que le comité de salut public n'eût pas le désir sincère de voir se former une pareille armée, li commune de Paris vint, trois mois après, exprimer à l'Assemblée toute son indignation contre l'inertie du gouvernement. Paris était en ce moment dans un état de violente agitation. Les lois sur le maximum et sur les accapareurs , les obstacles apportés au commerce et à la circulation des grains , avaient anéanti l'industrie et le négoce. Sans cesse Paris manquait de pain ou pouvait craindre d'en manquer le lendemain ; les approvisionnements étaient difficiles et incertains; presque chaque jour le mécontentement éclatait en désordres. Les boulangers et les marchands avaient besoin d'être protégés , et ils l'étaient timidement par des magistrats qui , loin de calmer les passions de la populace ou d'éclairer son ignorance, avaient pour principale occupation de l'exciter à la violence et à l'émeute. On se gardait bien de calmer les colères et les menaces dirigées contre les citoyens qui jouissaient encore de quelque aisance. La section des Sans- Culottés pouvait, sans êt^e blâmée, déclarer au conseil général de la commune, qu'elle se mettait en insurrection contre les riches.

C'était dans de telles circonstances que le maire et le procureur général Chaumelte venaient gourmander la Convention.

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. « DepuM six. semaines » la crainte de manquer de pâÎD • rassemble y toutes les nuits, les citoyens à la porte des boulangers. Le défaut d'approvisionnements vient d^ ce que Jes lois ne sont paa exécutée? ; il vient de l'égpïsipe et de la malveillance des riches. Ce mal est commun à toutes les grandes villes. Le peuple est fati^é de *ces manœuvres. » •

tt Les tyrans de rj^urope, les ennemis intérieurs persistent avec . atrocité dans leur système d'affamer le peuple ; ils veulent le forcer à échanger sa souveraineté contre un morceau de pain, ce qu'il ne fera jamais. De. nouveaux seigneurs, non moins cruels y nçri moins avides, non moins insolents que les anciens, se sont élevés sur les ruines de' la féodalité; ils ont acheté les propriétés de leurs anciens maîtres et continuent à marcher diMis les sentiers battus par le crime, à spéculer sur .la misère publique, à tyranniser le» destructeurs de la tyrannie. » — « Une autre classe aussi avide, aussi ^ittiinelle que la première, s'empare des denrées de première nécessité. Vous l'avez fripée , maïs vous ne l'avez qu'étourdie. « — a Sous les iqains républicaines, les métaux se changent en armes tyrannicides ; mais où est le bras qui doit tour-" nerces armes contre la poitrine d^s traîtres? » — ff Vous aver remisr aux administrations la clef des greniers; elles doivent véirifier les.livres où ces .monstres écrivent leurs calculs ; mais quel est l'être impassible qui déchirera les feuillets de ces livres* écrits avec le sang du peuple, et en fera aussitôt l'arrêt de mort des affameurs? » — (c II est temps de faire cesser la lutte impie des enfants de la nation et de ceux qui .^andopnent sa 'cause. Notre sort est lié à l'établissement de la république ; il faut que nous détruisions m. J9

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