Histoire de la Convention nationale
L’Écrivain. dont on va Ifre les Mémoires, n’eut , je l’avoue , ni les talens qui jettent ,un grand éclat sur la vie, ni les passions qui la rendent fe'conde en e've'nemens remarquables. Avec un cœur honnête, un sens droit, ses opinions pohtiques, quoiqu’il y tînt fermement, furent toujours tempérées* par la modération de son caractère, par la sincérité de ses sentimens religieux. Rien de tout cela, j’en' conviens encore, ne peut mener Durand de Maillane à la célébrité; mais pourtant je* ne saurais croire qu’un rapide aperçu de ses travaux et de ‘sa conduite ne puisse un moment occuper l’attention. Demeurer calme au milieu des partis, irréprochable au milieu des excès, sensible à la, pitié quand elle est repoussée de presque tous les cœurs, n’est-ce donc avoir aucun droit de prétendre à l’intérêt des hommes? c’est conserver du moins, on l’avouera, des titres à leur estime, et je ne vois pas qu’ils aient souvent l’occasion d’en être prodigues.
Durand de Maillane, né à Saint-Remy, dans
Il ■ NOTICE BIOGRAPHIQUE
‘le departement des Bouches-du-Rhône, fut de bonne heure destine' par sa famille à la carrière du barreau. Après avoii’ terminé en 1765 • les cours de droit qu’il avait suivis avec succès dans la ville d’Aix’, il revint dans soh pays natal et s’y livra tout entier à l’étude des lois. Le droit canonique qui offrait alors mille questions épineuses -et délicates , fut long-temps l’objet de ses travaux, mais comme son esprit naturellement judicieux était blessé de tout ce qui pouvait offrir l’image d’un abus, d’une injustice , d’une oppression , il n’examina pas moins scrupuleusement les prétentions surannées de la législation féodale. ,
- Il ne s’agit point de renouveler ici, contre.
^ la féodalité, des déclamations aujourd’hui sans objet ; mais il est certain que dans l’état de la société, vers la fin du dix-huitième siècle, la plupart des obligations imposées aux francstenanciers étaient devenues insupportables. Le temps n’existait plus Où ces redevances, ces droits honorifiques, étalent le prix dont les faibles payaient l’appui qu’ils obtenaient ou qu’ils espéraient des puissans. L’action prompte, uniforme et tutélaire de l’autorité monarchique, avait, depuis bien long-temps , remplacé des forces subalternes souvent impuissantes, sou-