SUR DURAT40 DL MAILL\NE
vent opJ>ressives. Grâce aux tribunaux, aux troupes de ligne, à la maréchaussée, les seigneius n’endossaient plus le harnois popr pro- • téger leurs vassaux. Pourquoi d’un côté, quand il n’y avait plus périls et protection, y aurait-il eu de l’autre hommage et redevances? Pour parler, dans une notice sur un légiste, le langage du droit, les termes du contrat ne devaientils pas changer avec l’état des parties? ceci explique à mon sens comment, bien avant la révolution, on se débattait en France contre ces espèces d’assujettissemens qui , sous mille formes différentes, sous les noms, plus ou moins barbares, de main-morùe , corvèes', quint et requint, rachats, reliefs ou banrtalités, ne blessaient pas moins la vanité que les intérêts du plus grand nombre.
Durand de Maillane, fort instruit dans toutes ces madères, se laissa engager, par zèle pouf ses compatriotes, dans un procès qu’ils^ soutenaient contre les vexations du droit de bannalité. Le haut baron contre lequel ils plaidaient n’avait ni donjons, ni créneaux, mcarlets ni hommes-d* armes ; mais il était riche , puissant et redouté. Les consuls , effrayés de ses menaces, n’osèrent donner suite aux démarches que Durand de Maillane avait indiquées; ses
IV HOTICE lîIOGRAPniQÜE
conseils ne furent d’aucun fruit pour ses concitoyens et lui devinrent funestes à lui-même.
Il avait, comme avocat, prête' son ministère à des jeunes gens dont les méfaits pouvaient déshonorer d’honnêtes familles j l’ennemi re-‘ doutable qu’il avait irrité l’accusa d’être leur complice. La calomnie se dressa, s’enfla, siffla si bien, comme dit Basile : la trame dans laquelle on voulait embarrasser le jeune légiste fut si perfidement tissue, qu’il y eut décret de prise de corps contre lui. Une fois devant des juges,* les faits, ses principes, sa conduite, son innocence parlaient assez pour lui ; cependant les syndics du barreau d’Aix, révoltés de l’iniquité des poursuites, voulurent s’associer à sa défense : c’était partager son triomphe qui fut complet, qui fut éclatant. Je ne voudrais pas jurer que cette circonstance de sa vie n’eùt beaucoup fortifié sa haine contre les abus de l’ancien régime, car les hommes sont ainsi faits; mais ce qu’on peut dire à sa louange, c’est que le désif d’une réforme ne provoqua dans son cœur aucun ressentiment personnel , et que même au milieu des plus terribles crises de la révolution, il fut le protecteur constant oe ceux dont il avait Te plus comliatlu les prérogatives.