‹ Histoire de la Convention nationaleChapitre 16 sur 119 · CHAP. II · texte numérisé non relu

CHAP. II

de Pétion , dans sa réponse , qu’il avait des égards pour Robespierre, même dans ses torts. Cependant Robespierre lui était en tout contraire dans sa mairie. Il déclamait contre la guerre dans laquelle Pétion , en bon politique, ne voyait qu’un sûr moyen d’attacher les Français à la liberté, par la crainte de la perdre après l’avoir si chèrement conquise ; il voulait faire passer pour des trahisons les actes pacifiques et prudens dont Pétion a démontré la convenance et rutilité. Pétion, dans sa réponse, démasque la vile politique au moyen de laquelle Robespierre était parvenu à sa domination et aux abus étranges qu’il en a faits.

Le lâche n’avait contribué en rien à la journée du 10 août , et il s’en faisait le héros. C’est aujourd’hui une triste gloire pour ceux qui s’en honorent avec plus de fondement. Tout ce qu’on peut dire pour leur justification , c’est qu’après le 20 juin les poursuites de la cour et du département ne laissaient plus de sûreté au maire de Paris , ni aux patriotes en général. On l’éprouvait à cette époque dans les départemens oû je me trouvais ; il n’y avait pas seulement à craindre les nobles, les privilégiés , mais les communes même de France , qui , partout lasses et mécontentes des sociétés populaires , auraient voulu s’en débarrasser pour n’être plus tenues dans leur dépendance. Il fallait donc, dans cet état , vaincre ou périr.

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