TROISIÈME DÉCRET
Ija Convention nationale^ en vertu des pou-
?ÇE|l|èRE ,PAB.TJ^ — CHAP. II. * 45
M voire qui lui ont é|é donnés par le peuple, se » constipe, en -cour de justice pour le jugement » des çonspirateure. ^
' ■ I qüatbièmÈ décret.
» Article I." I,a Convention nationale casse la . J) municipalité de Paris et le conseil-général de la » commune de Paris, et décrète que le directoire » de ce département nommera des commissaires » pour remplir provisoirement les fonctions muni- » cipales.
» II. Les sections de Paris cesseront dès aujour-
.)) d’hui d’ctre permanentes. »
Pourquoi faut-il qu’un si beau discours, des mesures aussi salutaires n’aient été suivies que de la mort de son estimable auteur? De combien de calamités ces mesures nous auraient préservés ! Il est clair, par toutes ces preuves, que jusqu’au lo août ou jusqu’aux déterminations forcées qui l’ont préparé , le parti Pétion ne pensait pas à la république. Les girondins eux-mêmes, qui s’étaient si fort montrés contre le général La Fayette et ses partisans , ne se sont vus qu’avec une sorte de peine dans la nécessité d’abjurer la monarchie ou d’abandonner la constitution de lygi qui l’avait comme réconciliée avec la souveraineté du peuple et la liberté ; rien ne le prouve mieux que leur lettre au roi, qu’ils auraient voulu convertir à cette pre-: mière constitution.
•Au sux’plus , si c’était un bien pour la chose pu-
bliquc de décrier le parti Robespierre par le récit à la tribune de tous scs attentats; s’il était même pressant de dénoncer son projet de dictature ; enfin s’il était de l’honneur des girondins d’apprendre au public que, loin d’avoir participé aux massacres , aux pillages , aux impostures de la faction Robespierre , ils s’en déclaraient les vengeurs, il n’j avait pas de prudence à demander la punition actuelle des coupables ; en ce moment elle était Impossilde parce qu’ils maîtrisaient Paris et les sections, etqu’ainsi dénoncés et menacés, ils devaient n’avoir qu’une pensée pour leur salut , celle de faire périr les accusateurs plutôt que de périr eux-mêmes. Cela est arrivée; ils ont triomphé par leurs crimes, sans que la nation ait tenu compte à leurs victimes ou à leur mémoire, de leur zèle pour sa défense.
Rien de plus aisé que d’imaginer , de proposer des mesures. Barbaroux était jeune, ardent, plein de talens et dévoué à la belle cause qu’il plaidait , et dont il attendait sa gloire. Mais avant de concevoir ces grandes mesures de salut pour son parti , celui de la raison et de la liberté publiques, il devait s’assurer des moyens d’exécution, les avoir comme sous la main pour surmonter les obstacles. Ces moyens , il ne les avait pas et ne pouvait les avoir : les esprits étaient trop divisés; chaque parti se glorifiait du lo août, comme Barbaroux le disait lui - même. Il prêchait aussi mal à propos , ou bien vainement.
PHEMIKHE l’AKTJE. CHAP. II.
la sagesse à des fous volonlaires qui faisaient lui crime à leurs accusateurs de n’ètre pas aussi zélc's ou aussi furieux qu’eux pour la liberté et contre tous ses ennemis ; et parmi ces derniei's ils comptaient tous les patriotes modérés et sages , comme l’étaient les girondins. Ceux-ci savaient bien que la multitude était pour leurs adversaires , et que , parmi les gens raisonnables, un très-grand nombre, lésés parla révolution, désiraient plutôt la désunion que l’accord des députés. On a vu aussi, dans le cours de la révolution , des ci-devant nobles provoquer eux-mêmes les excès des jacobins dont ils allendaient un changement plutôt que de la bonne conduite des girondins.
Barbaroux ne fut pas le seul à attaquer Robespierre; il ne l’avait fait qu’oratoirement , sans en venir' à une dénonciation en forme. Robc.splerre ayant défié ses adversaires , le député I.ouvet monta lui-même à la tribune et se porta sou accusateur. Mais cette dénoncialion fut aussi vaine que la déclamation de Barbaroux ; elle eut même cet inconvénient de plus, que Robespierre, obligé de répondre personnellement à Louvet , obtint un triomphe complet devant une majorité de juges bénévoles qui faisaient cause commune avec lui contre ses antagonistes. On était dans les premières séances de la Convention, et Robespierre n’avait rien fait encore de ce qui l’a rendu depuis un sujet d’horreur. Appuyé de la montagne et des jacobins, alors en crédit plus que jamais dans toute la France,
Robespierre réfuta les imputations de Louvet dans une réponse de quarante pages d’impression , et se complut dans son apologie qui fut suivie de la victoire la plus entière. Tout fut bien reçu par ses partisans , supérieurs en nombre , même sa justilication , telle quelle , touchant les massacres de septembre : depuis , sa complicité a été attestée par Barrère lui-même , dans ses défenses ainsi que par le juré Vilate qui accuse Billaud- Varenn es d’en avoir été témoin. La dénonciation de Louvet ne fut à peu près qu’une répétition de ce qu’ou vient de lire dans la sortie vigoureuse de Barbaroux contre Robespierre. La réponse de celui-ci fut trèsadroite. 11 se lit honneur de ce qu’on lui imputait, et il se défendit avec un air d’aisauce que lui donnait la certitude du succès devant des jugos tous ses amis , tous ses complices.
Mais, pour que personne ne soit dupe de ce triomphe , je renvoie non-seulement à la dénonciation de Louvet , mais à la réponse de Pétion à une lettre même de Robespierre. Rien de plus intéressant que les instriicllons que donne Pétion dans cette réponse , touchant l’état de Paris et le rôle de Robespierre au temps où elle fut écrite. Il met à nu, dans la dernière partie, toute la bassesse et toute la lâcheté de Robespierre lors de sa grande puissance. Quel honnête homme pouvait la désirer à ce prix? On a vu , par le discours de Barbaroux , que Robespierre , enivré de sa grande popularité , obsédait , affrontait le corps législatif. 11 parait , au style