PROJETS SUR LA HOLLANDE
révolution ne pouvait marcher sans une désorganisation totale. »
Cambon était si bien convaincu de l’excellence de cette conduite, ou plutôt il y était si invinciblement entraîné par la folie révolutionnaire, qu’il voulut d’avance annoncer à la Hollande, dont la conquête lui semblait infaillible, qu’elle serait soumise à un régime à peu près semblable. « Vous êtes obligés, disaitil, de combattre le peuple batave, si connu par son amour pour la liberté; la guerre fait momentanément le malheur des peuples, mais ils en sont bien dédommagés par l’établissement de la liberté et de l’égalité. En conquérant la liberté, le peuple batave s’empressera sans doute de saisir les biens ecclésiastiques. » Puis l’orateur convenait que ce pays avait des dépenses publiques indispensables : l’entretien des canaux et des digues, les dotations des établissements de charité. « En appliquant les principes du décret du 15 décembre, on en modifiera les principes; on détruira seulement ce qui est contraire à la liberté. »
« Bientôt tous les peuples, en abattant les trônes, ne feront qu’une famille. Nous verrons se réaliser le système de l’abbé de Saint-Pierre, et lorsque uous poserons les armes ce sera pour la dernière fois que l’Europe sera ensanglantée. La nation française, en entrant dans un pays, use du pouvoir révolutionnaire. Il n’y a qu’une grande nation libre et voulant affranchir tous les hommes, qui puisse exercer ce pouvoir momentané pour régler les mouvements régénérateurs auxquels les peuples devront leur liberté. Vous supprimerez les emplois créés par le despotisme, vous soulagerez la classe infortunée. La Hollande conserve