SUPPRESSION DES TRIBUNAUX
jh,ur qu’il ne se la fasse pas lui-même, s’écria Danton. On ne doit pas hésiter à frapper des magistrats qui compromettent la tranquillité publique, en ne cédant pas à la volonté populaire. »
Alors il fut demandé que toutes les administrations fussent renouvelées; elles étaient, disait-on, gangrenées de royalisme; elles avaient été corrompues par la cour. C’étaient surtout les administrateurs de département qu’on accusait; en effet, ils avaient été généralement élus parmi les hommes notables du pays.
Le renouvellement de tous les tribunaux fut aussi proposé. C'était, selon la pensée de presque tous les conventionnels, une indispensable conséquence de la dernière révolution.
Billaud-Varennes commença à déclarer une des volontés de son parti. Il demanda, non point la réélection des juges, mais la suppression de tous les tribunaux. « Ils n’ont été jusqu’ici, disait-il, qu’une source de désordre. Ils perpétuent la division dans les familles. Des experts doivent être arbitres de tous les différends. Prenez des mesures dignes des circonstances, si vous voulez frapper de grands coups. La Convention ne doit pas perdre un moment pour détruire une institution essentiellement vicieuse. » Quant à la justice criminelle, Billaud-Varennes pensait qu’elle ne pouvait être rendue mieux que par le peuple.
Il allait trop loin et trop vite; on voulut le rappeler à l’ordre. L’Assemblée prescrivit seulement la réélection des juges; mais la question se reproduisit sous une autre forme.
La ^constitution de 1791 avait imposé de certaines conditions de capacité pour être éligible aux emplois