‹ Histoire de la Convention nationale. T. 2Chapitre 3 sur 137 · SUPPRESSION DES TRIBUNAUX · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES TRIBUNAUX

judiciaires. Tallien, qui alors appartenait à la même école que Billaud, proposa que tout citoyen quelconque pût être élu juge. Un Américain qu’on avait fait citoyen français, que le parti révolutionnaire avait recommandé aux élections et qui avait été envoyé à la Convention par quatre départements, remarqua qu’il était impossible dans l’état actuel de la législation de faire exercer la justice par des hommes qui n’auraient point la connaissance des lois. Thomas Payne avait une sorte d’autorité doctrinale parmi les exaltés. Danton déclara qu'il ne fallait pas abolir les conditions de capacité , mais les étendre. « Les hommes de loi sont tous d’une aristocratie révoltante. Il ne faut pas forcer le peuple à choisir parmi ces hommes. Il conviendrait de les exclure. Si le peuple ne peut choisir à son gré, il aura le droit de s’insurger contre des hommes entachés d’aristocratie. Le peuple ne veut point de ses ennemis pour les emplois publics. Lais-

sez-le choisir ses amis La justice doit se rendre

par les simples lois de la raison. »

Un ancien membre de l’Assemblée constituante, Chasset, réfuta avec énergie ces déclamations vides de sens et ne craignit pas de signaler ces continuelles flagorneries adressées au peuple pour le tromper et le conduire à remettre son sort à l’arbitraire des hommes qui usurpaient l’autorité.

La discussion continua, et l’on vit, dès le début de la Convention , se manifester les deux ordres d’opinions; les uns se proposaient de former une société nouvelle; les autres cherchaient à la maintenir et à la régler au point où ils l’avaient mise.

Lanjuinais et Vergniaud réussirent difficilement à être écoutés. La majorité savait bien que l’éligibilité

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