DÉSORDRES DAMS LES DÉPARTEMENTS
classes ignorantes , la faiblesse ou l’arbitraire des autorités locales, les fausses vues ou les préjugés de quelques orateurs des clubs , avaient mis en mouvement la population de plusieurs départements ; il s’y commettait, sans nulle répression, des actes de violence et de brigandage. La Convention envoyait des commissaires et se livrait à de vives discussions, sur la conduite à tenir, sur la liberté du commerce, sur l’action de l’autorité publique , sur les exigences populaires.
La désorganisation s’augmentait chaque jour. Paclie était universellement reconnu pour un ministre de la guerre tout à fait incapable; mais il était fort protégé par la faction du désordre et par les Jacobins. 11 obéissait à leurs volontés, destituait les employés dénoncés, donnait des places et accordait des entreprises et des fournitures aux solliciteurs bien recommandés. 11 prenait des femmes pour employés dans ses bureaux. L’Assemblée était sans cesse entretenue des plaintes portées par les généraux ou des scandales accusés par la voix publique.
La législation des émigrés, les peines à décerner contre eux , leur distinction en diverses catégories, les formes de procédure étaient encore un sujet de discussion que l’Assemblée considérait comme très-urgent. En outre, les Girondins, les modérés et la masse incertaine et timide qui faisait la majorité, n’étaient nullement empressés à donner un cours rapide au procès du roi ; les délais leur convenaient.
Le 24 novembre , Couthon se plaignit du retard apporté à cette grande affaire, et allégua l’inquiétude qui commençait à se répandre dans les départements.