CONTINUATION DK LA DISCUSSION
La Convention régla que deux jours par semaine seraient employés à cette discussion.
Elle fut reprise quatre jours après. Les hommes principaux ne montraient pas encore d’empressement à intervenir dans le débat. Les députés obscurs qui paraissaient à la tribune, lorsqu’ils étaient favorables à la cause du roi, se voyaient de plus en plus obligés à se faire pardonner leur opinion par un langage révolutionnaire. Ainsi, Faure, député du Havre, demanda qu'il fût passé à l’ordre du jour sur le rapport de Mailhe, et en appela à la générosité du peuple. Pour arriver à cette conclusion, il avait commencé ainsi : « Ami des hommes, j’ai toujours été l’ennemi sentimental des rois. Titus, Trajan, Marc Aurèle , dont l’histoire dit tant de bieq, avaient une teinte très - prononcée de férocité d’état. La possession du pouvoir absolu aurait corrompu la vertu même. L’homme roi, sous l’aspect de la philosophie, est un malheureux mortel, qui ne peut se soustraire à l’empire des lois que par l'abus de la force. »
Un député, nommé Serre, développa une considération, qui fut pour beaucoup dans l’issue du procès. Il avoua que si une nouvelle coalition européenne devait se former, plus générale et plus puissante, pour venger les droits et l’honneur des rois; si des flots de sang devaient couler dans cette lutte, il ne balancerait pas, encore que la victoire ne lui semblât point douteuse, à conserver la vie à un coupable pour épargner la mort à des milliers d’innocents. « Mais, s’il est vrai, comme on le dit, que les trônes s’ébranlent, que le réveil des peuples s’approche; s’il est vrai, comme le dit Grégoire, que la mode des rois soit pas-