‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 1 sur 138 · DISCUSSION SCR LE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL · texte numérisé non relu

DISCUSSION SCR LE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL

comprendre qu'une fausse démarche doublerait les dangers de la patrie.

En même temps le besoin de concentrer le gouvernement dans la Convention, et de lui donner une action directe et continue sur l’autorité exécutive, se fit sentir plus vivement. Marat travestit cette pensée, dont les circonstances indiquaient de plus en plus l’opportunité, et il lui donna un caractère d’exagération et de déraison. On ne voulait pas l’entendre; on craignait qu’il ne produisît quelque désordre: — « 11 n’y a que des traîtres qui puissent étouffer ma voix; je vous rappelle au silence et à vos devoirs. Si quelqu’un a droit à être entendu, c’est moi, qui, depuis huit mois, ai prédit tout ce qui est arrivé. Quelque soit le sort qui me menace, je vous déclare que la conduite que vous avez tenue depuis la Révolution est celle d’échappés des petites-maisons. La première mesure à prendre c’est de composer vos comités d’hommes qui aient fait leur preuves de patriotisme; la seconde de leur donner des pouvoirs assez étendus pour faire le bien, dussiezvous leur donner des gardes et leur mettre un boulet aux pieds. Je demande que vous formiez un comité de sûreté générale, qui ait le pouvoir de faire arrêter toutes les personnes qu’il croira suspectes, et que le comité de défense générale soit composé de membres en qui Je peuple ait confiance. Je demande à n’en pas être. »

Marat exposait, en termes choquants et avec un cynisme prématuré, la véritable politique révolutionnaire, celte politique incompatible avec les conditions d’une société régulière et qui a toujours besoin d’un pouvoir despotique exercé docilement sous l’empire d’opinions aveugles et passionnées.

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Foufrède ramena la proposition à une mesure plus acceptable. «Je neveux pas de dictature, fût-elle exercée du fond d’une prison. Si la Convention veut renouveler ou former des comités, modifier le pouvoir exécutif, je ne m’y oppose pas; mais je ne veux pas que des hommes portant une chaîne en fassent peser une autre plus lourde sur mon pays. D’un autre côté, il importe que toutes les mesures prises par vous soient votées à l’unanimité. »

Le ministre de l’intérieur avait été mandé : il pressa aussi la Convention de saisir d’une main ferme les rênes du gouvernement, en faisant des ministres les exécuteurs mécaniques de ses ordres. II y voyait le salut de la république. Carat excellait à reconnaître et à justifier les motifs d’une détermination quelconque. La chaîne proposée par Marat ne lui aurait point pesé et l’aurait affranchi de la responsabilité.

Avant de discuter une question si générale, l’Assemblée déclara Dumouriez traître à la patrie et promit trois cent mille livres à qui le ramènerait mort ou vif.

Dès le lendemain arrivèrent des nouvelles plus rassurantes. On sut que l’armée et les garnisons des places fortes se maintenaient fidèles et dévouées.

Robespierre en revint à la seule pensee qui l’occupât; détruire ses ennemis était sa constante passion; la trahison de Dumouriez lui importait, surtout comme un moyen de perdre les Girondins.

« Il est temps que cette comédie finisse, dit-il; ce n’est point par des nouvelles tantôt décourageantes, tantôt plus satisfaisantes qu’il faut endormir la nation; il faut que la Convention prenne des mesures révolu-

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