‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 2 sur 138 · DISCUSSION SLR LE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL · texte numérisé non relu

DISCUSSION SLR LE GOUVERNEMENT CONVENTIONNEL

tionnaires; elles ne seront jamais proposées par le comité de défense générale, car dans ce comité régnent des principes que la liberté réprouve. »

L’orateur était sans cesse interrompu par des murmures; il déplaisait à l’Assemblée, qui, dans ce moment, voulait faire trêve aux discordes intestines et pourvoir au salut de la république. La parole fut maintenue à Robespierre : « S’il ne m’est pas donné, continua-t-il, de sauver la liberté, je ne veux pas du moins être complice de ceux qui la perdent. Je ne veux pas être membre d’un comité qui ressemble plutôt à un conseil de Dumouriez qu’à un comité de la Convention nationale. Ma surprise est grande de voir que ceux qui n’ont pas cessé de calomnier ce côté (et il montrait la gauche), qui fut et sera toujours la patrie de la liberté, soient restés muets sur les crimes de Dumouriez, et qu’il n’y ait que nous, tant calomniés, qui ayons élevé la voix contre ce traître. »

Partant de là, Robespierre dressait un long acte d’accusation contre Brissot, le prenant à partie comme chef de la faction modérée et cherchant à prouver qu’il était l’ami intime de Dumouriez, ou plutôt à démontrer logiquement qu’il devait l’être. C’est le procédé qui fut de plus en plus employé pour tous les réquisitoires révolutionnaires. 11 suivit dès l’origine la vie entière de Brissot et en rapporta chaque circonstance successive à une conspiration non interrompue.

Brissot répondit avec une sorte de timidité, ainsique ses amis. Ils ne se présentaient jamais avec une courageuse franchise comme défenseurs de la justice, de la raison et de l’humanité; mais ils s’attachaient à prouver qu’ils avaient toujours été de bons révolu-

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