‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 14 sur 138 · DISCORDES INTESTINES DANS LA CONVENTION · texte numérisé non relu

DISCORDES INTESTINES DANS LA CONVENTION

et faire les départements, en voyant cette destruction de l’Àssemblée nationale? On aurait voulu mettre fin à ce débat par un ordre du jour.

La Gironde était exaspérée; elle était décidée à pousser son attaque jusqu’au bout. « Tous les liens de confiance mutuelle sont rompus, « disait Gensonné, et, des deux côtés, on s’écriait : « Oui! oui! Cette adresse demande l’appel au peuple r c’est ce que nous avons toujours voulu. Il est temps que le peuple sache, si c’est lui qui doit faire la loi ou si ce sera une misérable faction. — Voilà, le fait est trop certain, la république divisée; il est impossible de faire cesser cet état de choses autrement que par l’expression du vœu national. »

Enfin , Gensonné articula une imputation plus grave. « 11 existe une conjuration. Son but est de donner à la France la constitution de 1791 et une régence. »

Appeler conspiration des entretiens secrets entre Danton, Robespierre et Marat; regarder, comme des projets, l’absence de conviction politique et une liberté d'esprit, qui admettait l’examen de toute hypothèse; convertir la recherche des moyens de sortir d’embarras, en une détermination prise : c’était une grande exagération. En fait, le comité de salut public, où ne siégeait aucun Girondin, s’inquiétait beaucoup des réunions occultes de Danton , de Robespierre et de Pache, qui se tenaient à Charenton. Six des membres de ce comité, agissant de concert, prenaient des informations, mandaient le ministre et croyaient à peu près ce que Gensonné venait d’affirmer publiquement. Ils appelèrent Danton, qui leur donna pour

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