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POPULARITÉ DES GIRONDINS

tenant la Convention, osa présenter les réclamations de la ville d’Orléans. Elles furent très-bien accueillies; les Girondins mirent de l’empressement à les servir. Un rapport fut fait sur leur pétition, et l’Assemblée, après un débat d’une extrême violence, décréta la mise en liberté des personnes arbitrairement arrêtées. Orléans rentra sous une autorité régulière.

Beaucoup d'autres adresses ou pétitions réclamaient justice et témoignaient la crainte et l’aversion du parti anarchiste. Les correspondances des Jacobins les informaient que les départements de la Bretagne et de la Normandie étaient prêts à se soulever. Trois commissaires du comité de salut public furent insultés et menacés à Châlons, pour avoir fait, dans une société populaire, l’éloge de Marat; ils furent même mis en prison.

Les Girondins avaient une situation nouvelle ; à ce moment commença pour eux l’honorable popularité, la bonne renommée, qui aidées de leur fin malheureuse, se sont attachées à leur mémoire. Ils furent un instant les défenseurs courageux de l’ordre public , de l’humanité. Ils tentaient un généreux effort pour préserver la France d’une tyrannie sanguinaire; ils s’opposaient à la proscription qu’une ignoble et grossière envie allait exercer contre l’aristocratie des talents, de l’estime publique et de la richesse. Les âmes étaient si affaissées , les courages tellement impuissants à se rallier pour agir, la société française tellement dissoute en individus faibles et dispersés , qu’un sentiment d’espoir et de reconnaissance se porta vers les hommes de la Gironde. Le mal qu’ils avaient fait l’année précédente, l’encouragement qu’ils avaient donné

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