‹ Histoire de la Convention nationale. T. 3Chapitre 44 sur 138 · LANGAGE DES JACOBINS · texte numérisé non relu

LANGAGE DES JACOBINS

Pendant que les départements, et même Paris, paraissaient prêts à se soulever contre la démence révolutionnaire, la tribune des Jacobins bravait cette opinion publique et croyait, non sans raison, l’effrayer et lui imposer silence.

— « Il faut mettre la faux de l’égalité dans la main des tribunaux ou entre les mains du peuple. 11 n’v a pas de milieu, il faut former dans chaque département des bataillons révolutionnaires aux dépens des riches qui n’ont pas de courage.

— « J’ai été commissaire dans un département, et j’ai fait mettre en arrestation tous les ci-devant nobles.

— (f J’ai étudié la Convention, elle est en partie composée de scélérats, dont il faut faire justice.

— « J’engage tous les hommes enrôlés à ne pas sortir de Paris qu’ils n’aient promené le glaive exterminateur sur la tète de tous les scélérats conventionnels.

— « On a noyé les aristocrates dans leur sang, il faut noyer ainsi les intrigants. 11 faudra verser plus de sang encore. »

C’était le langage qu’on parlait aux Jacobins, et les conventionnels qui faisaient partie de la société n’étaient pas les moins ardents. Parfois Robespierre essayait de calmer ces manifestations; il n’était peutêtre pas encore décidé à diriger une insurrection sur l’Assemblée et à procéder par la force; il savait combien les discours violents et les menaces aliénaient la majorité et la portaient vers les Girondins.

« Je ne conçois pas, disait-il, comment, dans des moments critiques, on fait tant de propositions qui compromettent les ainis de la liberté. Les hommes qui vous proposent des mesures partielles, quelque violentes qu’elles soient, n’entendent rien aux moyens ni. 7

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