LA RÉACTION. — LE PREMIER PRAIRIAL
Le 9 thermidor semblait d’abord une révolution faite contre un homme, un effort unanime de l’Assemblée contre le tyran; mais cette journée ne devait pas tarder à produire de plus grandes conséquences.
Les partis opposés et irréconciliables qui divisaient la Convention, les opinions profondément différentes, les intérêts contraires s’étaient réunis pendant la lutte et montrés également ardents à écraser Robespierre; le dévouement de son frère et de Lebas n’avait trouvé aucun imitateur. Couthon et Saint-Just eux-mêmes v. t
s’étaient engagés dans ce prétendu triumvirat, plutôt par un de ces hasards fréquents dans les révolutions, que par leur volonté , ou par une détermination préméditée.
Dès les premières paroles de la discussion, un défi à mort avait été jeté entre l’Assemblée et le dictateur. Chacun des conventionnels avait cru combattre pour sa vie; à cette peur universelle, qui les ralliait dans une action commune, se joignait la liaine envieuse que la plupart des hommes de la Montagne portaient à toute supériorité proclamée, à toute autorité établie : c’est ce qu’ils appelaient l’amour de la liberté. Pour eux, Robespierre était un usurpateur; depuis quelques mois ils nourrissaient dans leur cœur une aversion à peine contenue, contre leur égal devenu leur maître.
L’envie avait un autre caractère, et fermentait plus vivement encore dans l’âme de quelques membres des comités. Eux aussi avaient aspiré à gouverner la Révolution, à exercer le pouvoir absolu, à continuer cette extermination systématique, indispensable selon eux pour renouveler une société incompatible avec leur autorité. Billaud et Collot avaient la prétention de succéder à Robespierre après l’avoir détruit.
Les hommes qui, pour échapper à sa vengeance et à sa haine, avaient eu la courageuse pensée de ne pas se laisser conduire à l’échafaud, Tallieu, Fréron, Barras, Legendre, Merlin de Thionville, Bourdon de l’Oise, avaient conçu plus largement la révolution qu’ils venaient d’accomplir. Amis et disciples de Danton, ils s’étaient accoutumés à ne pas avoir une autre opinion, un autre projet que d’obéir aux circonstances et de marcher sans hésitation dans la
route ouverte par l’événement. Ils avaient été révolutionnaires, Montagnards, septembriseurs ; quelquesuns avaient versé le sang à grands flots dans leurs missions : la chance venait de tourner, ils ne songeaient plus au passé ; à peine en gardaient-ils un souvenir, et n’en concevaient pas le moindre repentir. Comment pouvait-on accuser leur conduite? ils avaient agi selon la nécessité du moment. Une révolution est un accès de fièvre chaude, on y perd la conscience de ce qu’on fait. Ils s’y étaient comportés comme tout le monde; ils avaient agi selon la situation où ils s'étaient trouvés. — Tel est le cynique langage que, de révolution en révolution, ont constamment tenu les survivants de l’école de Danton.
Au premier moment, Tallien et la petite faction qui reçut bientôt après le nom de Thermidoriens, ne se rendirent pas compte du changement complet de la situation. 11 fallut quelques jours pour leur faire comprendre que de leur victoire allait dater une ère nouvelle de la Révolution : ils croyaient d’abord que le gouvernement suivrait à peu près sa marche accoutumée, et que seulement ils seraient appelés à le diriger; au lieu de vivre dans la crainte des comités, ils allaient y entrer et régner à leur tour.
En se montrant ainsi disposés, ils pouvaient compter sur les suffrages de la Montagne. Tallien, Bréard, Laloi, Eschasseriaux, Thuriot et Treilhard remplirent les vides que Robespierre avait laissés ou que l’échafaud venait de faire dans le comité de salut public. — Legendre , Goupilleau , Merlin de Thionville , André Dumont, Bernard de Saintes et Jean de Bry furent élus membres du comité de sûreté générale. L’opinion dominante était si bien restée la même,
que Jean de Bry fut obligé de donner sa démission, parce qu’il avait autrefois signé une proclamation proposée par la Gironde. Barère, dans ses rapports, glorifiait le 9 thermidor, en l’assimilant au 31 mai.
Mais bientôt allaient être discutées les questions fondamentales du régime de la Terreur. Dès le 1 1 thermidor, on commença à parler du tribunal révolutionnaire. Dumas, son président, quelques-uns des juges et des jurés avaient été mis hors la loi et envoyés au supplice. Élie Lacoste proposa de supprimer le tribunal, et de créer une commission provisoire pour en remplir les fonctions.
Alors on demanda la suppression des commissions populaires de Lyon, de Nîmes et d’Orange. L’assassinat, disait-on, est à l’ordre du jour dans le iqidi de la France ; les juges ont été choisis par Robespierre sur la désignation de Payan.
Les Montagnards commencèrent à s’inquiéter, en voyant attaquer l’institution sur laquelle reposait le gouvernement révolutionnaire.
((L’aristocratie veille à vos portes, disait Mallarmé; elle a les yeux fixés sur vous. Elle profitera du premier mouvement inconsidéré pour anéantir la liberté. Si vous suspendez le tribunal révolutionnaire, en attendant sa nouvelle organisation, cet intervalle sera très-préjudiciable à la chose publique. » Quelques murmures accueillirent ce langage, qui, deux jours auparavant, eût paru d’un patriotisme tiède.
Tallien répéta la phrase de Mallarmé sur l’aristocratie. Le crime de Robespierre avait été de tenir les patriotes sous le couteau, mais l’on devait continuer à poursuivre avec énergie les ennemis de la Répu-
blique. Il parla ensuite de la nécessité d’épurer les commissions exécutives, et dénonça Julien, ce jeune ami de Robespierre , qui avait fait des rapports contre lui, en rendant compte de sa mission à Bordeaux. Carrier s’associa à cette dénonciation : il traita de crime le récit des horreurs qu’il commettait à Nantes. L’ordre du jour mit fin aux rancunes des deux commissaires, qui se plaignaient de l’indiscrète surveillance de Julien.
La suppression du tribunal révolutionnaire avait été votée, mais avec remplacement provisoire par une commission.
Billaud était absent pendant le vote; il arriva pour réclamer. — « Le tribunal, quoique composé par Robespierre, compte pourtant des hommes purs. S’il est suspendu, il ne pourra point envoyer à l’échafaud les infâmes complices de Robespierre. »
Le comité de salut public annonça qu’il proposerait incessamment un projet sur l’organisation du tribunal. En attendant, et au risque de restreindre pour quelques moments la juridiction du tribunal, la loi du 22 prairial fut rapportée; personne n’osa lui donner un regret. Mais, lorsque le nouveau projet fut présenté , les Montagnards témoignèrent la crainte que l’énergie et la promptitude de la justice révolutionnaire ne fussent arrêtées par trop de formalités. Duhem , qui allait devenir l’organe le plus habituel de celte fraction de l’Assemblée, attaqua le projet. — « L’aristocratie et le modérantisme tentent de tourner la nouvelle révolution à leur profit. Depuis quelques jours on rencontre des aristocrates mis en liberté. Avant le 22 prairial, le tribunal marchait avec vigueur dans le sentier de la justice; parce qu’un scélérat
a outre-passé les bornes de cette institution salutaire, faut-il la dénaturer? N’énervons pas sa vigueur. L’organisation de F ancien tribunal avait atteint la perfection; elle ne menaçait pas l’innocence, et conservait l’énergie nécessaire pour sauver la République. »
La proposition de conserver intacte la législation du tribunal révolutionnaire, hormis le décret du 22 prairial , fut adoptée. Toutefois Bourdon de l’Oise fit ajouter une disposition nouvelle, qui changea complètement le caractère de cette procédure : la question intentionnelle devait dorénavant être posée comme dans la juridiction des tribunaux du droit commun.
A ce moment, le comité de salut public n’avait pas l’intention d’annuler en droit ni en fait l’action du redoutable tribunal. Les noms des juges, des jurés et du ministère public qu’il proposait à la Convention prouvaient assez que son intention était de continuer, à peu de chose près, la justice révolutionnaire.
— « Je vois avec un étonnement mêlé d’horreur, disait Fréron le 12 thermidor, sur la liste qui nous est présentée, des hommes réprouvés par l’opinion publique ; j'y remarque le nom de Fouquier-Tinville, lorsque tout Paris vous demande de l’envoyer au supplice qu’il a si justement mérité. » Les applaudissements se firent entendre. — • « Je demande qu’il aille aux enfers expier tout le sang qu'il a versé; je propose contre lui un décret d’accusation ! » — Son arrestation et sa mise en jugement furent aussitôt votées.
Fouquier écrivit à la Convention pour demander à être admis à la barre, afin de donner connaissance de plusieurs faits importants. 11 fut introduit et ne révéla rien qui ne fût connu. 11 prétendait que la loi du 22 prairial avait été présentée contre son avis ; il
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disait avec vérité que ses communications avec Robespierre étaient à la connaissance du comité, et résultaient d’ordres qui lui avaient été donnés. On le renvoya en prison.
La première liste avait, sans doute, été composée par le comité, avant que les nouveaux membres y eussent pris place; elle était l’œuvre de Billaud, Collot et Barère. Lorsque Tallien et ses amis devinrent leurs collègues, une autre liste fut choisie dans un meilleur esprit : trois des anciens juges seulement furent conservés, les autres étaient pris dans les tribunaux des départements, et désignés par des représentants qui les connaissaient. L'accusateur public se nommait Leblois, et passait pour fort honnête homme; mais le président proposé par le comité étonna l’Assemblée, et ne fut pas adopté sans quelque difficulté. C’était Dobsent , ce président de la section de la Cité, emprisonné en même temps qu’Hébert avant le 31 mai, un des plus furieux agitateurs des émeutes populaires. On assurait même que sa conduite avait été au moins douteuse le 9 thermidor. Le comité maintint et justifia ce choix. Plus tard, il fallut le destituer; il avait conservé les mêmes opinions et les mêmes amis.
Plusieurs jurés de l’ancien tribunal furent aussi conservés; malgré le soin que le comité pouvait avoir mis à former la liste, il fut reconnu, quelques jours après, avec scandale, qu’un des nouveaux jurés était un ancien curé poursuivi pour assassinat, et condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés.
Une discussion plus importante, sinon pour les citoyens, du moins pour la Convention elle-même , l’occupa pendant plusieurs séances. Elle avait été
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délivrée de la dictature de Robespierre, mais elle ne voulait pas rester soumise aux pleins pouvoirs du comité de salut public ; cette intention s’était vivement manifestée dès le lendemain de la victoire.
Barère, selon l’usage établi, était venu annoncer plutôt que proposer la nomination des membres du comité, qui devaient remplir les places vacantes. Depuis longtemps cette communication était devenue une formalité : cette fois la Convention réclama le scrutin et l'élection; on proposa même l’appel nominal avec le suffrage public.
Billaud-Varennes témoigna sa surprise et son mécontentement : il entreprit d’abord de justifier le comité de sa longue et servile complicité avec Robespierre. L’orateur avait toujours été odieux à l’Assemblée, maintenant elle pouvait manifester son sentiment. Sur quelques paroles qui déplurent, les murmures éclatèrent, on cria même ! « A l’ordre. »
Billaud continua : « Je m’étonne qu’on ait déjà oublié l’état d’oppression sous lequel gémissait la Convention. » — On murmura encore : — « Oui, il faut rappeler cet état d’oppression, pour que l’Assemblée ne retombe pas dans un pareil avilissement; elle est libre aujourd’hui : l’était-elle avant que le glaive de la loi eût frappé le tyran? Moi-même je demande que l’élection soit faite par suffrage public. C’est par cette voie que le peuple a toujours connu ses vrais amis. »
— «Si les membres du comité étaient venus dénoncer la tyrannie révolutionnaire, ils se seraient couverts de gloire; pourquoi se sont-ils laissé affaiblir, en ne remplaçant point Hérault de Séchelles , en envoyant en mission leurs collègues Saint-André et Prieur? » Ainsi répondit Fréron.
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Barèrc essaya aussi une apologie du comité. C’était une tâche difficile, à moins de récriminer contre la Convention entière , ce qui l’eût offensée. — « C’est depuis quelques jours seulement que nous avions apprécié cet hypocrite : il fallait détromper une grande société, dont il avait usurpé les suffrages. Des hommes courageux n’osaient pas même l’attaquer; nous avions des ménagements à garder. Cependant, qui le premier lui arracha son masque de patriotisme? ce fut Billaud. — Non, cria-t-on, ce fut Tallien. »
Barère répliqua timidement : « Je rendrai la même justice à tous les membres de la Convention, chacun a concouru à démasquer le tyran. »
La discussion s’élargit : il fut successivement proposé que les membres du comité ne seraient jamais envoyés en mission; que tous les mois le comité serait renouvelé par quart ; enfin Cambon demanda que les commissions exécutives, au lieu d’être sous la surveillance et la direction du comité de salut public, ressortissent à des comités spéciaux, de telle sorte que le gouvernement appartiendrait non plus à un seul comité , mais réellement à la Convention tout entière.
Tallien appuya ces diverses propositions. — « Nous avons abattu les triumvirs, nous ne voulons pas les remplacer par des décemvirs. »
11 parut à quelques représentants, qu’en changeant ainsi la forme du gouvernement de l’État avec une telle précipitation , on pourrait jeter la République dans de graves périls. — « De grâce, disait Bourdon de l’Oise, ajournons cette discussion : songeons que nous avons quatorze armées, qu’un gouvernement énergi-
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que et fort est nécessaire pour les faire agir; ne le désorganisons pas. »>
Tallien ne voyait point de tels dangers, et réellement le mécanisme qu’on proposait de modifier n’avait pas assez d’unité dans la volonté, assez de régularité dans l'action, pour qu’il y eût tant à le respecter. — « Il s’agit, disait-il, de donner une sauvegarde à la liberté publique. Nous avons passé la nuit pour abattre le tyran, passons-la aujourd’hui pour achever le triomphe de la liberté; il ne faut pas que les mêmes hommes exercent longtemps le même pouvoir, si l’on ne veut pas qu’ils en abusent. »
La question se réduisit pour le moment à décider si le comité serait soumis à un renouvellement successif, au moyen d’une élection mensuelle de trois membres.
Barère s’aperçut du sort qui menaçait prochainement les anciens membres du comité, il répéta ce que Tallien avait dit : — « L’expérience a démontré que l'habitude du pouvoir causait les plus grands maux. Nous ne pouvions assister à vos discussions et nous en étions affligés. Après un long travail , le repos est nécessaire aux membres du comité de salut public, je m’oppose à l’ajournement. »
Le renouvellement par quart fut adopté : des cris de « Vive la République ! » retentirent de toutes les parties de la salle, comme si l’Assemblée eût conqnis une seconde délivrance. Un amendement, qui interdisait la réélection avant un mois d’intervalle, fut accueilli avec les mêmes transports.
Deux jours après, Barère, rapporteur attitré de toute opinion triomphante, présenta le projet d’une nouvelle organisation des comités de la Convention.
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— « D’après les intentions perfides du dictateur, et par ses manœuvres dans cette assemblée, vous aviez autorisé le comité de salut public à nommer les membres de tous les autres comités, attribution odieuse tendant à avilir la représentation nationale. Combien de fois nous avons gémi de ce système qui réduit l’Assemblée à une simple approbation, quand une discussion lumineuse lui appartient! »
— « La centralisation est sans doute un moyen de gouvernement ; mais poussée à l’excès , elle est le despotisme. Robespierre travaillait à ce que l’autorité nationale n’eût qu’un centre, afin de s’en saisir. »
Le projet n’était point tel que l’avait indiqué Cambon. Chaque comité avait, relativement à son attribution spéciale, l’initiative des décrets et des règlements , mais le comité de salut public continuait à surveiller et diriger les commissions exécutives. En un mot, il conservait le gouvernement, mais non plus le pouvoir législatif. La police était restituée au comité de sûreté générale, à qui Robespierre l’avait disputée.
Plusieurs autres projets furent présentés plus ou moins rapprochés, soit des idées de Cambon, soit de la proposition du comité. Les questions furent discutées sans esprit de parti , mais toujours arec la préoccupation de ne pas retomber sous le despotisme du comité. De nouveaux orateurs, qui, depuis plus d’une année, gardaient prudemment le silence, commencèrent à ramener une controverse raisonnable et l’esprit des affaires. Berlier et Cambacérès, sans approuver le projet entier de Cambon, s’opposèrent comme lui à l’attribution exclusive du pouvoir exécutif au comité de salut public.
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Cette discussion se prolongeait et se renouvelait de jour en jour; la Convention restait indécise entre la crainte de constituer un pouvoir qui l’opprimât, et l’inquiétude de ne plus avoir le gouvernement fort qu’elle croyait nécessaire.
— « Vous voulez un gouvernement juste , disait Barère , mais non point juste à la manière des aristocrates. Nous avons été sauvés par le gouvernement révolutionnaire. C’est à cette base unique, à ce gouvernement accélérateur des armées , conservateur de la victoire, que nous devons tout rapporter.... Convenons tous , déclarons que nous voulons le gouvernement révolutionnaire. — « Oui ! oui ! s’écrièrent tous les représentants, se levant et agitant leurs chapeaux , nous le voulons !» — « Le gouvernement révolutionnaire, c’est la justice du peuple. Il peut avoir des abus , mais il y a des hommes pour les empêcher; des hommes qui combattaient en silence le traître Robespierre.... »
Barère abusait de son succès. On lui cria qu’il sortait de la question.
Ainsi quinze jours après le 9 thermidor, la Convention jurait avec enthousiasme fidélité au gouvernement révolutionnaire. Le décret destiné à régler les pouvoirs et les attributions des comités fut encore discuté plus d’une fois. Les orateurs, qui s’étaient fait remarquer dans ce débat, furent adjoints au comité de salut public pour rédiger un nouveau projet. Berlier le présenta et, le 1er septembre seulement, il fut adopté.
Ce décret instituait seize comités : trois étaient chargés de fonctions relatives au service intérieur de l’Assemblée : comités des procès-verbaux, des pétitions et des inspecteurs; de la salle. Onze autres
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avaient pour attribution la surveillance active et la proposition des lois et règlements relatifs aux diverses branches de l’administration publique; ils n’étaient plus aucunement placés sous la dépendance du comité de salut public. L’importance du comité de finances détermina les auteurs du projet et la Convention à le composer de quarante-huit membres.
Le comité de salut public conservait, sous sa surveillance directe et active, les grandes fonctions du gouvernement : les relations extérieures, l’organisation de l’armée et les levées d’hommes, les opérations militaires, l’armée navale et le recrutement, la défense des colonies, les manufactures d’armes , les approvisionnements de munitions pour les armées, les fortifications, les remontes, charrois et hôpitaux militaires : il conservait le droit de réquisition sur les personnes et sur les choses, d’arrestation des agents et fonctionnaires placés sous ses ordres, avec faculté de les traduire devant le tribunal révolutionnaire; un crédit de dix millions lui était ouvert pour dépenses secrètes.
Le comité de sûreté générale avait la police de la République; il pouvait délivrer des mandats d’amener ou d’arrêt, remettre les détenus en liberté ou les traduire au tribunal révolutionnaire. Les arrestations et les mises en liberté devaient être signées de cinq membres au moins; les arrêtés, qui traduisaient un prévenu devant le tribunal révolutionnaire, par neuf.
Tous les comités étaient renouvelés par quart chaque mois, et les membres sortants n’étaient rééligibles qu 'après un mois d’intervalle. C’était la disposition que la Convention avait le plus à cœur.
Ces changements à la constitution du gouvernement