TROUBLES A TOULON
mettre à la voile , et semaient l’esprit d'indiscipline parmi les marins. Après avoir formé une colonne mobile, ils parcoururent les communes voisines de la ville, désarmèrent les habitants, et rentrèrent à Toulon ramenant des prisonniers, émigrés rentrés , disaientils. Puis ils s’emparèrent des portes de la ville , et se présentant avec du canon devant l’arsenal ils demandèrent qu’on leur livrât les armes. Le représentant Brunei, homme fort honorable, *un des soixante-treize, n’avait aucune force à sa disposition pour leur résister; ils se firent ouvrir les portes , pillèrent l’arsenal, et délivrèrent les détenus terroristes qui se trouvaient dans les prisons. Brunei, dans son désespoir, se donna la mort. L’escadre était dans la grande rade et les marins ne participèrent pas à l'insurrection. La garnison était trop faible pour engager un combat, mais elle ne se mêla point aux révoltés. Déjà ils envoyaient des émissaires dans les villes voisines et se disposaient à marcher sur Marseille.
Tels étaient les détails encore incomplets que Pontécoulant, au nom du comité de salut public, donna à l’Assemblée : — « Le succès de la Révolution, l’établissement de la liberté tiennent aujourd’hui, disait-il, à la fermeté que vous déploierez dans la poursuite des séditieux et des brigands. Quand le gouvernement se montre faible et pusillanime , les scélérats deviennent forts et audacieux. »
Les représentants, qui étaient en mission à Marseille et à Lyon , avaient à leur disposition des forces suffisantes, et la Convention pouvait compter sur leur énergie ; elle prescrivit des mesures sévères, ordonna la formation d’une commission militaire pour juger les auteurs et complices de la révolte ; en même temps