TROUBLES A TOULON
les empêcher d’ébranler de nouveau les colonnes de la liberté. »
Les comités ajoutèrent à cette liste Hassenfratz, Héron et d’autres agents obscurs.
Boursault demanda aussi Rossignol , et rappela les horreurs commises dans la Vendée.
Alors Defermon, tout modéré qu’il était, parla d’Esnue-Lavallée ; il raconta, entre autres atrocités qui avaient signalé sa mission, comment un ancien membre de l’Assemblée constituante , Enjubault, après s’être tenu caché pendant quelque temps, avait craint d’être soupçonné d’intelligence avec les Chouans. 11 se présenta à Lavallée, lui demandant s’il pouvait sans crainte revenir dans sa maison à Laval ; le représentant l’en assura et lui offrit de le prendre dans sa voiture pour le conduire à Rennes. A peine arrivé, Lavallée le ût saisir; on lui lia les mains, on le mena en prison. Quelque temps après, ce même représentant écrivit à Rossignol : « La tête d'Enjubault ne figurerait-elle pas bien auprès de celle de Talmont ? » Transféré à Laval, il fut mis à mort, et sa tête placée comme celle du prince de Talmont sur une des pointes de la grille du château, en face de la maison où habitait sa famille. L’ordre de Rossignol et la lettre de Lavallée suffirent pour déterminer la mise en accusation.
Une nouvelle insurrection vint animer encore l’Assemblée contre le parti jacobin. Depuis longtemps , Toulon était dans un état habituel de trouble; les hommes, qui pendant la Terreur avaient exercé une sanglante domination , y étaient restés actifs et puissants; ils avaient le projet d’empêcher l’escadre de