G8 MADAME TALLIEN
premières à se livrer à ces douces, à ces ravissantes fonctions. »
Cette démonstration de sentiments philanthropiques et républicains valut à MP* Cabarus une mention honorable de la Convention , mais ne la sauva point des rigueurs que Julien provoquait contre elle. Lorsque après avoir quitté Bordeaux , elle vint habiter Versailles, elle fut arrêtée et conduite dans la prison de la petite Force. Elle y était depuis un mois, lorsqu’elle fit parvenir un billet à Tallien. « On m’annonce, disait-elle, que demain je monterai au tribunal, c’est-à-dire sur l’échafaud. J’ai rêvé cette nuit que Robespierre n’existait plus et que les prisons étaient ouvertes; mais grâce à votre lâcheté, il ne se trouvera personne en France pour réaliser mon rêve. »
Tallien répondit : « Soyez prudente, j’aurai du courage, calmez votre tête. »
Ces billets sont datés du 7 thermidor , mais ils ne prouvent pas qu’un si grand événement ait eu cette cause romanesque. Ce ne fut pas Mm' Cabarus qui décida Robespierre et Saint-Just à prononcer leur discours dès le lendemain, et ce n’est point pour la sauver que les amis de Danton , les membres du comité de salut public et les représentants de la Plaine s’étaient promis une mutuelle assistance afin de se défendre de la proscription qui les menaçait.
Dès le 12 thermidor, M0* Cabarus était sortie de prison ; comme par sa protection plusieurs autres détenus ne tardèrent pas à obtenir leur liberté, les Jacobins ne manquèrent point à faire grand bruit de l’influence que cette belle aristocrate exerçait sur Tallien. C’était une nouvelle preuve de ses projets contre-révolutionnaires et de son coupable système de réaction.