‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 17 sur 168 · MADAME TALLIEN · texte numérisé non relu

MADAME TALLIEN

parlements pour surveiller et contrôler les représentants en mission. 11 avait trouvé Carrier excessif dans sa tyrannie révolutionnaire. Isabeau, collègue, de Tallien, était demeuré à Bordeaux après lui, et, suivant son exemple , il se conduisait avec la même mansuétude. H avait ainsi gagné une popularité qui parut à l’agent de Robespierre un funeste signe de modérantisme. Il écrivit plusieurs lettres à son patron, insistant sur la nécessité de révolutionner Bordeaux plus efficacement. Comme il attribuait à Tallien la coupable mollesse de son successeur , il eut occasion de dénoncer la Cabarus, comme il l’appelait dans son langage , et il recommandait à Robespierre de la faire arrêter quand elle arriverait à Paris.

A cette époque , elle imagina , pour se recommander à la Convention , d’écrire une pétition qui eut les honneurs de la lecture. Elle proposait de confier le soin des malades dans les hôpitaux aux jeunes filles, car on venait de supprimer les sœurs de charité, a Les jeunes filles, avant de prendre un époux iront passer quelque temps dans les asiles de la pauvreté et de la douleur, pour y secourir les malheureux et s’y exercer à toutes les vertus que la société a droit d’attendre d’elles. — On a décerné aux femmes le beau nom de citoyennes ; que ce ne soit plus désormais une vaine parure ; qu’elles concourent au plus grand bonheur de la République ; qu’elles présentent avec orgueil les véritables titres de leur civisme.

« Celle qui vous adresse aujourd’hui l’hommage de ses plus intimes sentiments , est jeune, âgée de vingt ans, elle est mère et n’est plus épouse ; toute son ambition, son bonheur surtout, serait d’être une des

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