‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 55 sur 168 · ABOLITION DD MAXIMUM · texte numérisé non relu

ABOLITION DD MAXIMUM

nuée. Le setier de blé était taxé à dix-huit livres par la loi du maximum, et la dépréciation de l'assignat était déjà telle que la journée de travail rural se payait dix livres. Un million de bras avaient été retirés de la culture des champs ; de fertiles provinces étaient ravagées depuis deux ans par la guerre civile. La détresse était arrivée au point qu’il avait fallu des lois afin d’autoriser les municipalités à procurer des journaliers aux fermiers et cultivateurs par voie de réquisition, pour labourer ou moissonner.

Un tel état de choses était intolérable. On voyait maintenant, ou plutôt on pouvait dire ce qui avait toujours été évident, combien l’administration révolutionnaire était stupide et barbare. C’était ce dont les Jacobins ne voulaient pas convenir. Ils prenaient fait et cause pour tout le système de la Terreur, dans son ensemble et ses détails.

L’article premier du projet avait été voté après une longue discussion entre hommes sensés. Le lendemain, un représentant nommé Noël Pointe, ouvrier armurier, monta à la tribune pour lire un discours sur les dangers de la patrie.

« Il se plaignait d’abord des intrigants qui avaient changé la Convention en une arène de gladiateurs. La révolution du 9 thermidor a conduit Robespierre et ses complices à l’échafaud; elle a rendu la liberté à quelques patriotes qui gémissaient dans les fers. Mais qu’a-t-on fait depuis? La Terreur a passé en d’autres mains; les riches marchands insultent à la misère du peuple; ils vont bientôt vendre la nourriture du pauvre au poids des assignats. Les gens de lettres loin de calmer les inquiétudes publiques, l’augmentent par la perspective d’un avenir plus effrayant. Je souhaite

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