RAPPORT DU COMITÉ DE SÛRETÉ GÉNÉRALE
faubourgs forçaient les ouvriers à marcher contre la Convention; par les intelligences de Dobsent dans la section des Gravilliers. Toutes ces manœuvres ont trouvé approbation et encouragement parmi des membres de cette Assemblée. »
Alors le rapporteur rendit compte des diverses déclarations et des interrogatoires relatifs aux représentants compromis. Il cita des faits de provocation et même de distribution d’argent, à la charge de Duhem et de Lesage Senault.
Cambon avait dit publiquement devant les employés du trésor : — • « La majorité de la Convention est royaliste : elle nous tuera ou nous la tuerons.... On dit qu’il y a eu des innocents guillotinés; pour moi, je dis : ceux qui ont été guillotinés le sont bien; ceux qui veulent reprendre leurs biens devraient l’être euxmêmes. » — Et, comme quelques employés trouvaient ce langage trop féroce : — « I)ites-en votre coupleur, hommes humains, ils y passeront. »
Des propos de ce genre avaient été tenus par Granet et Taillefer. Thuriot avait dit que l’ancien comité de salut public avait sauvé la République, et que les représentants rappelés dans la Convention étaient des royalistes.
Le comité de sûreté générale se bornait à communiquer ce qui était venu à sa connaissance ; il s’en rapportait à la prudence et à l’énergie de la Convention sur les mesures à prendre. Bailleul demanda l’arrestation de tous les représentants nommés dans le rapport. — « Je n’ai pas, disait-il, attendu cet exposé des faits pour être convaincu que ces hommes devaient être frappés. Leurs rires, l’expression de leur physionomie, c’était assez pour légitimer les mesures qu'on