‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 101 sur 295 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

grauwackcs forment le troisième système ou devonien, comprenant

une série de couches calcaires, marneuses, et de grès. En Angleterre, leur couleur bruu rougeâtre leur a l'ait donner le nom de olil reil. Elles s’y étendent sur la lisière méridionale du pays de Galles, dans le Devonshirc, à qui elles ont emprunté leur nom ; atteignent jusqu'à la vallée de la Severn, embrassent le bassin de la Weye et s’enfoncent sous le terrain houillcr sur presque tout le parcours de leur limite orientale et méridionale. En Allemagne ces grès rouges n’existent pas ; ils y sont remplacés par une vraie grauwacke, des calcaires de couleur claire et divers schistes argileux. Ils succèdent immédiatement aux couches siluriennes et n’en sont point séparés avec netteté. En Angleterre, les grès rouges renferment des calcaires de couleur semblable, avec lesquels alternent en descendant des marnes bigarrées ou des schistes verdâtres. Les couches devoniennes sont en stratification discordante avec le silurien dans quelques lieux (dans le Cumberland), cl présentent dans l’assise supérieure des conglomérats grossiers. Leur direction et leur inclinaison se rapprochent beaucoup de celles du terrain houiller. Ou voit très-clairement par là combien les bouleversements des éruptions étaient déjà localisés et combien leurs effets se faisaient sentir peu loin. Tandis que le système devonien atteint une puissance de 10,000 pieds en Angleterre, son existence sur le continent était restée inconnue jusqu’à il y a peu de temps, à cause de la forme entièrement modifiée qu’il y prend. En effet, là, les calcaires ne jouent qu’un rôle subordonné, et sont séparés du calcaire de montagnes par une grande épaisseur de grès rouge. En Belgique, au contraire, et en Westphalie, ces calcaires atteignent un développement considérable et se rattachent si intimement au calcaire carbonifère qu’il est très-difficile de fixer leurs limites respectives et qu’on les avait longtemps confondus. Ce fut seulement après le voyage de Sedgwick et de Murchison eu Allemagne1 que notre attention fut

1 Consulter l'ouvrage de Sedgwick et Murchison, Sur les terrains anciens ou //«léoioiques du nord de V Allemagne et de la Behjique, etc., traduit de l'anglais |»;i r Leonhard.. Stuttgart, 1848» ln-8. Nous avons emprunté à ce travail presque tout ce que nous disons, ainsi que la coupe ci-contre. K. Humer a publié d’excellentes éludes sur le système devonien des Provinces rhénanes et de la Westphalie, sous le titre : Ijcs terrain* de transition du Ilhin. Bonn, 1814. De Dechen, dans les Mémoire s de la Société des sciences naturelles de la Prusse rhénane, et les frères Saudberger à Nassau, dans l’ouvrage intitulé : !/•* fossiles des couches rhénanes à X assoit, Wiesbaden, 1850-1851, ont continué ces recherches. Le terrain devonien de ce bassin est généralement cité sous le mon de système rhénan, à cause de ses nombreuses particularités.

éveillée sur la différence de ces deux calcaires. Depuis lors, nos géologues ont reconnu que, non-seulement les calcaires wcstphaliens qui s'étendent du Rhin à travers l’Elberfelde, le Liinbourg, l’iserlobn, la ilalve -jusqu’à Brilon, appartiennent au système devonien, mais qu’il faut encore ranger dans ce système les calcaires de l’Eifel reposant sur les couches siluriennes (la coupe que nous intercalons

Fig. 17. — Coupc de la cuvette calcaire Htuée pré» de Mun>lereifcl, d'après Sodgvick et Murtliwm.

a, a. Terrain silurien ; h, c, d. couches dévoniennes ; />. grauwackc; d. dolomie; * position du Nuii'tcreire).

en représente une bande située sur la partie extrême septentrionnale partant de Sœtenich sur la Rocr, et allant vers le N.-E. jusqu’à Erft dans le pays de Munster) et les calcaires de Nassau à Di lienbourg, AYcillbourg et Liinbourg sur la Latin, qui alternent à plusieurs reprises avec des grauwaekes schisteuses. Tous ces calcaires, ainsi que les schistes argileux, les quarlzitcs et grauwaekes qui les accompagnent, doivent être considérés comme des équivalents du terrain devonien. On a prouve que les divisions du système rhénan dans le Hartz sont parfaitement concordantes avec celles du pays de Nassau. Les calcaires d’ibcrg, de Grund et de Itühcland donnent au fond les mêmes fossiles que les calcaires de Nassau. Dans les terrains schisteux de la Franconie, les calcaires d’Elbersreuth, devenus célèbres à cause du comte de Munster, appartiennent à la même période, et on y range aussi les calcaires supérieurs de la série des grauwaekes en Bohème. Le terrain devonien occupe en Russie une vaste surface de 7000 milles géographiques carrés. Les collines du Waldaï, les hauteurs d'où sortent la Dûna et le Volga, et probablement toute la Livonie, sont formées par scs couches horizontales. Il n’existe pas en Scandinavie. Dans l’Amérique du Nord, au contraire, il s’y montre avec de nombreux étages et sur de vastes étendues, enveloppant les grands bassius houillcrs, qui s'étendent

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