CHAPITRE XII
le Riesengebirge, régions hautes dont les roches appartiennent à la formation des grauwackes et ont une direction et une inclinaison semblables, le silurien inférieur manque et on ne trouve de l’étage supérieur que les assises postérieures au calcaire de W cnloek Mais, ce qui est encore plus singulier, c’est que les strates du nord, sur lesquelles reposent celles du sud, ne sont pas aussi anciennes que celles-ci, comme cela a lieu en Angleterre. Ici l’ordre est renversé et se sont celles du sud qui sont les moins jeunes. On trouve, en effet, des faits très-décisifs dans le Hartz et dans les montagnes schisteuses du Rhin. Les circonstances sont tout autres dans les terrains de grauwacke situés plus à l’est et au nord et surtout dans celui de la Boheme, si bien connu par les travaux fondamentaux de Barrande et qui s’étend sur tout le bassin de la Iteraune et le long de la Moldau dans les environs de Prague. Il forme un bassin allongé dirigé du S.-S.-O. au N.-N.-E. dont les couches ont été entamées de mille façons par les profondes entailles creusées par les llcuves. On y trouve les couches correspondantes au système laurenticn dont on a découvert le fossile caractéristique VÉozooti canudense à Raspenau et dans les montagnes limitrophes entre la Bavière et la Bohème. On y voit, en outre, les équivalents du premier groupe sous la forme de schistes argileux verts micacés avec quelques fossiles particuliers. Le UandeUo-fkujs est représenté par des schistes compactes et gris noir avec quartzite, et le grès de Caradoc par dci grauwackes brunes jaunâtres quartzifères. Leurs fossiles, que l’on ne retrouve plus dans tous les terrains de transition du reste de l’Allemagne, prouvent leur identité sans laisser place au doute. Les terrains de Wcnloek et de Ludlow y ap paraissent aussi. Ils sont représentés par de puissants calcaires gris noir, clairs et bariolés que l’on divise en trois étages d’après leurs fossiles et dans la composition minéralogique desquels les éléments siliceux occupent une plus grande place à mesure qu’on s’élève et qu’ils deviennent plus jeunes. Le parallélisme avec les couches anglaises est encore plus franchement accusé en Russie, ou la formation des grauwackes s’étend le long du golfe de Finlande au-dessus de Saint-Pétersbourg
1 Gcinitx [Fossiles de la formation des grauwackes, Leipzig, 18o2-1$53), en Saxe et dan* la principauté de Rcilss ; Richter (lier ne géologique allemande, i), dans la forêt de Thuringe; A. Rumor [Paläontographica, ni) et Giebel [Faune silurienne du Hartz inferieur. Berlin, 1838), dans le Hart* ; üstvnld [Her. gcol. ail. v, G7i), en Silésie, ont prouvé la présence des couches siluriennes. — G.
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jusqu’au lac Onega, cl s’y trouve immédiatement au-dessous du diluvium avec ses couches dans une position à peu près horizontale. On la retrouve identiquement , semblable dans les îles d’CKsel et Gottland, dans la partie méridionale delà Suède, sur les montagnes isolées de Kinnekulle, de liilliugcn, de Moesseberg, etc., et en Norvège le long du golfe de Christiania. Sur tous ces points, après l’argile bleue et plastique, qui d’abord classée dans le système cambrien a été reconnue définitivement comme faisant partie du groupe primordial, succèdent un grès poreux de couleur claire, contenant d'innombrables Brachiopodes (Unguliles) et un schiste noir alunifère donf les fossiles correspondent à ceux du Llandeilo-llaijs. De puissants calcaires gris verdâtres et noirs reposent à Christiania sur le schiste alunifère et tiennent la place du grès de Caradoc, bien que leur composition minéralogique diffère beaucoup de la sienne. Audessus, vient un schiste argileux ou marneux de couleur gris jaunâtre avec les fossiles des couches de YYenlock. Jusqu’ici on ne l'a observé qu’en Suède et pas en Russie. Il termine la série des grauwaekes en Scandinavie et lile de Gottland seule offre toutes les couches du silurien supérieur. — Tandis que le N’.-E. de l’Europe, bien que peu distant de l’Angleterre, nous offre des circonstances toutes différentes, nous retrouvons au delà de l’Océan Atlantique, à l’ouest des Alleghanys, dans le bassin de l’Ohio et du Mississipi, une série de terrains de transition très-analogues et en grande partie correspondant aux étages de l’Europe septentrionale. Les géologues américains les ont répartis en treize groupes. La substance minéralogique n’est pas absolument la même; mais l’identité et l’analogie des fossiles, ainsi que l’horizontalité des strates, établissent parfaitement la concordance. Dans l’Amérique du Sud, surtout dans les Cordillères, depuis la Bolivie jusqu’à la partie située entre le Chili et la république Argentine, ainsi qu'au Cap et à la Nouvelle-Hollande, l'existence des couches paléozoïques de transition de la période silurienne a été constatée à l’aide de ses fossiles caractéristiques et surtout des Trilobite*1. Elles prouvent par leur grande uniformité que toute la surface de la Terre était soumise aux memes conditions pendant leur formation.
Les couches supérieures et les plus jeunes du la formation des
1 Les êtres organisés sont décrits en détail dans les cli. xxiv, xxv cl um ; nous nous contentons doue de les nommer ici.